mardi 18 mars 2008

Portraits de Mister Clark (en concert)








Eh Clark ! Tu sais quoi ?
J'adore ton tee-shirt !




lundi 17 mars 2008

Paris (de Cédric Klapisch)



Bonsoir Paris
Bonsoir ailleurs
Bonsoir les un(e)s
Bonsoir les zotres






Ce qui frappe d'emblée dans "Paris" le nouveau film chorale de Cédric Klapisch, c'est la distribution, impressionnante tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif... Le personnage principal est joué par l'inamovible Romain Duris, acteur fétiche du réalisateur qui, comme à son habitude, fait une apparition aussi rapide qu'hitchckockienne ; le grand jeu est de ne pas le louper... je vous aide (si peu), il est sur une terrasse (ou presque).

On trouve dans le reste de la distribition des noms tels que Juliette Binoche, Fabrice Luchini, François Cluzet, Karin Viard, Mélanie Laurent, Albert Dupontel, Gilles Lellouche, Sandrine Ferrier, Zinedine Soualem, etc. Il va sans dire que tout ce petit monde joue merveilleusement bien mais il va également sans dire que si un joli titre alléchant et une distribution hallucinante suffisaient à faire un bon film, les producteurs d'Astérix 3 seraient au courant...

Ce qui frappe ensuite, hélas, c'est que "Paris" souffre d'un manque évident de scenario pour ne pas dire de sujet. Coller bout à bout de petits morceaux solo de bravoure (comme le déhanché de Luchini qui a un air de déjà vu puisque déjà exploité par Patrice Lecomte dans "Confidences trop intimes") et quelques saynettes drôles mais hyper caricaturales (les visites à la boulangerie sont hilarantes mais on dirait un sketch de Muriel Robin) ne permet pas de retenir très longtemps l'attention des spectateurs et on se demande d'une part où le réalisateur veut en venir (je ne sais toujours pas après avoir vu le film) et d'autre part quelle heure il est et quand tout ça se termine... parce que comment ça se termine, on s'en fout.

L'impression d'ensemble oscille entre mollesse pas désagréable (un peu comme une mousse de poissons achetée au rayon traiteur d'une épicerie de luxe : pas besoin de mâcher, ce n'est pas mauvais mais ça n'a pas vraiment de goût), vide sidéral renforcé par une persistente sensation de déjà vu ailleurs (ce film pourrait être signé Lelouch) et gâchis impressionnant si l'on songe à la pléiade d'acteurs exceptionnels honteusement sous-employés.

A titre personnel, je ressens une autre déception après avoir vu "Paris" avec les yeux (enfin la caméra) de Klapisch : il la filme mal et réussit la prouesse de ne pas en faire une belle ville ! Crime de lèse-capitale que j'ai encore plus de mal à lui pardonner que mes baîllements d'ennui lors de la projection.

Aussitôt vu presque aussitôt oublié. Restent le casting et quelques trop rares moments émouvants et/ou drôles qui peuvent justifier l'achat d'un ticket à 3,50 euros pendant le printemps du cinéma si la salle d'à côté est pleine.

Printemps du cinéma (quand on aime on ne compte pas les séances)




Bonjour aux cinéphiles

Bonjour aux zotres




Comme vous le savez (ou pas), le Printemps du cinéma a commencé dimanche (hier) et s'achève mardi (demain). Pendant trois jours, les places sont à 3,50 euros pour tous les films et toutes les séances. De quoi se permettre une petite indigestion de pellicule. J'ai sélectionné 7 films à voir
à cette occasion :

Dimanche

- Les femmes de l'ombre de Jean-Paul Salomé
Pour le thème qui m'est cher et le casting (j'aime beaucoup Marie Gillain, Julie Depardieu et Julien Boisselier). Je ne m'attendais à rien d'époutoufflant et je n'ai donc pas été déçue.
- Paris de Cédric Klapish
Un casting de rêve pour un résultat décevant et dispensable
- MR73 d'Olivier Marchal
Ca c'est du polar noir de chez noir ! Impressionnant.

Lundi
- Juno de Jason Reitman
ZE film ! Décidément les canadiens savent utiliser de la pellicule. Après C.R.A.Z.Y. voici une autre comédie familiale plus que réjouissante entre "Little Miss Sunshine" et "The Snapper".
- Soyez sympa, rembobinez de Michel Gondry
Un Gondry c'est forcément un événement et le résultat est forcément créatif, décalé, drôle et émouvant. Ce film est une réussite !

Mardi
- Modern Love de Stéphane Kazandjian
Le casting me plaît et j'aime bien les comédies sentimentales françaises (ça doit être cause de mon côté fille)
- l'heure d'été d'Olivier Assayas
Si je ne suis pas trop explosée de fatigue et morte de faim je finirai par ce film même si je ne suis pas spécilement fan d'Assayas (mais parfois il faut se forcer pour aimer paraît-il...).

Bien sûr, ces films feront l'objet de critiques sur ce blog dans les jours (semaines ?) à venir... Allez, je file, ma couette m'attend.

Quelques imges de Colorblind (enfin... du chanteur...)




Ne vous privez pas d'écouter "TheFall" et surtout "Anti Love Song" sur myspace en cliquant sur ces photos pour les agrandir.




















jeudi 13 mars 2008

Lettre ouverte au chanteur de Colorblind (un grand brun ténébreux torturé comme j'aime)





Bonjour Vito
Bonjour les zotres



Tu permets que je te tutoie et que je t'appelle Vito ? Ok merci.

Alors voilà, j'étais au Nouveau casino vendredi 22 février. Autant te le dire tout de suite (on ne va pas commencer une si belle relation sur un mensonge), je n'étais pas venue pour toi, je ne connaissais pas ton groupe et encore moins ton existence. J'étais venue pour Clark.

Puisqu'on en est déjà aux confidences, j'avoue que je t'en ai voulu avant même que tu montes sur scène. Je t'ai d'emblée tenu pour responsable de la brièveté du set de mon chouchou. Tu vois, les choses commençaient assez mal entre nous. Je suis obligée de te dire qu'elles ne se sont pas arrangées tout de suite, loin de là.

C'est en partie ma faute car je ne suis pas très fan de balades. Certes, j'adore les slows torturés chantés d'une voix déchirante genre "Creep" de Radiohead ou "I go to sleep" des Pretenders ou "Say it ain't so" de Murray Head (je me suis pris la mega veste doublée du 20e siècle là-dessus quand j'avais 15 ans mais passons sur ce souvenir peu glorieux et revenons en 2008) mais le trip romantico-acoustico-folk qui pousse à se demander où est le feu de camp, a priori ce n'est pas trop ma tasse de thé.

Tu as aussi une large part de responsabilité dans mes ronchonnements de début de concert car j'ai rarement vu sur scène un groupe qui communiquait aussi peu et aussi mal avec le public. Tu chantais (admirablement, certes) les yeux fermés et, même quand tu adressais 3 mots à la salle entre deux chansons, tu ne nous regardais pas voire tu nous tournais le dos (alors pourquoi nous parler ?). Tu n'as pas décroché un seul sourire en direction du public. As-tu remarqué que plus le temps passait moins il y avait de spectateurs devant la scène et de plus en plus près du bar du Nouveau Casino ?

As-tu remarqué que le volume sonore des rires et des conversations s'emplifiait peu à peu au point que ta voix (superbe) ne les couvrait plus tout à fait vers la fin de votre concert ?

Tu n'as pas su retenir l'attention de ton auditoire et je me suis demandé pendant pratiquement tout le concert si tu en avais quelque chose à foutre ou pas que des gens t'écoutent ou si tu jouais et chantais (tellement bien) seulement pour ton propre plaisir et celui de ton frère et des deux potes qui vous accompagnaient ?

Dans ce cas, pourquoi sortir de votre salle de répet et de votre studio d'enregistrement ? Quel intérêt de descendre des belles montagnes suisses qui te sont si chères pour chanter (sublimement) en public à Paris, ville que tu ne sembles pas aimer plus que ça... Sache cher Vito, que contrairement à ce que tu as dit au Nouveau Casino, un(e) parisien(ne) n'est pas nécessairement "oppressé(e)" et peut même adorer sa ville si belle, si vivante et si riche sur le plan culturel. Moi les sapins m'indiffèrent mais j'ai les larmes aux yeux quand je traverse le Pont des Arts ou si je marche le long des quais la nuit. Moi c'est le silence et la nature qui m'oppressent au bout de 2 jours et j'ai le vertige dans les escalators ousur un escabeau (tiens, si je créais un groupe je l'appellerais Vertigo) alors l'ivresse des cimes, tu vois, ce n'est pas pour moi... L'enfer des zun(e)s est le paradis des zotres et inversement toutes choses égales par ailleurs. Chacun(e) son truc en quelque sorte. Franchement Vito, tu m'as gonflée sur ce coup là... mais bon, je m'égare encore...

Je compare souvent la danse et l'amour (sache que j'adooore danser et le rythme est en moi...). Les mêmes métaphores sexuelles peuvent s'appliquer à la musique et si je devais comparer la prestation de COLORBLIND à une pratique sexuelle, ce serait l'onanisme. J'ai tendance à penser que prendre du plaisir sur scène c'est bien, très bien même, mais en donner au public et en recevoir en retour c'est encore mieux. Vito, tu n'as pas cherché à partager ton plaisir avec ton public. Vito, c'est une femme frustrée qui t'écrit.

Dommage, car si un daltonien (que tu n'es sans doute pas puisque j'ai lu quelque part que le nom de ton groupe vient du titre d'une chanson que tu aimes et que je ne connais pas) ne distingue pas les couleurs, il n'est ni sourd ni aveugle et peut voir et entendre les personnes qui lui font face, il peut communiquer visuellement et corporellement avec son public. Tu as râté mon doux regard mais moi, superbe Vito, je ne t'ai pas quitté des yeux.

Vois-tu Vito, tu me rappelais furieusement quelqu'un (le catogan en plus) et surtout tu as TOUT, vraiment TOUT pour captiver les foules et fasciner les femmes (tout au moins les hétérosexuelles. Disons, au hasard, vraiment au hasard... moi). Vito, tu es beau comme un dieu et tu chantes comme un ange (et inversement toutes choses égales par ailleurs). Même de dos tu es beau... Bonn, il fuat que je me caleme sinon je vais commencetr àç faire des fzautes de fappre.

J'ai été franche dès le début, je ne vais pas m'arrêter maintenant : Vito, c'est pour ton physique que je suis restée plantée au premier rang (dégarni) et c'est parce que j'étais scotchée là presque malgré moi (menteuse) que j'ai commencé à t'écouter avec l'attention que ta voix mérite. Il faut dire aussi que votre set était bien construit et que la fin était plus rock, plus accrocheur, plus vivant que le début.

Voilà Vito, mes défenses sont tombées, je me suis laissée aller et finalement tu m'as eue ! J'ai oublié que tu étais dans ta bulle, j'ai oublié que tu n'en avais rien à foutre qu'on soit là ou pas, j'ai oublié les quelques petites fioritures inutilo-italo-ringardes à la guitare (pas la tienne) sur un ou deux titres, j'ai oublié que je t'en voulais d'être si indifférent, j'ai même (si ! si !) oublié que tu étais beau et j'ai pris plaisir à t'écouter. Tout simplement.

En écrivant ces lignes, j'ai une fenêtre virtuelle ouverte sur ton univers sonore et grâce à myspace, je me passe en boucle 4 de vos morceaux et... je découvre (un peu tard) que j'adore !

Quel gâchis, quand on est si beau, tellement habité, vibrant, passionné voire torturé comme tu sembles l'être, de faire plus d'effet sur une chaîne que sur une scène... Vito, je ne pense pas du tout que tu manques de charisme, je crois juste que tu n'as pas envie de l'exploiter. Je ne sais pas si c'est mieux ou si c'est pire.

Je sais aussi que tu as un joli sourire car je t'ai croisé dans la salle après ton set. Moi je faisais la queue devant les toilettes des femmes (hyper glamour) et toi tu quittais la salle avec une fille (il va sans dire que je la hais). Si tu t'en donnais ne serait-ce qu'un brin la peine, tu serais une bête de scène et le bar du Nouveau Casino aurait moins fait recette pendant que tu chantais (merveilleusement) vendredi dernier. Reviens vite chanter à Paris et... cette fois... ouvre les yeux !

mercredi 12 mars 2008

Le Der des Der (est parti aujourd'hui)


Au revoir Lazare
Bonsoir les zotres




Source de la photo (prise le 11/11/06) : le Figaro

Lazare Ponticelli est mort aujourd'hui à l'âge de 110 ans, moins de deux mois après le décès de Louis de Cazenave survenu au même âge. Cela me bouleverse. Le dernier des poilus est parti. Restent les souvenirs de ces hommes, les larmes qu'on leur a vu verser certains 11 novembre ou en pensant à leurs copains, les témoignages qu'ils ont laissés, les livres, romans, essais écrits par eux ou sur eux, les poèmes d'Appolinaire à Lou et à d'autres. Restent les monuments aux morts sur les places du moindre village et ces lettres dorées qui épellent des prénoms démodés : Léon, Auguste, Gaston, Eugène, Camille, Ferdinand, Hyppolite, Principe, René...

Les 6 minutes de témoignages de poilus de cette video
paroles de poilus Video
sont profondément émouvantes, terribles, révoltantes et humaines. Elles appartiennent (déjà) à un autre âge mais ce qu'elles enseignent : la tolérance, le désir de paix, l'absurdité de ces années de conflit et de ces millions de morts est on ne peut plus contemporain, intemporel.

Je vous conseille également sur le site de Libération, 4 video (de 2 à 3 minutes chacune) du témoignage de Lazare Ponticelli recueilli en 2005. Je connaissais déjà l'histoire racontée dans la 2e video mais écouter cette histoire de la bouche même de celui qui l'a vécu et entendre sa voix se briser à la fin de son récit est bouleversant. La 3e video explique qu'il a échappé de peu au peloton d'exécution pour fraternisation avec des soldats autrichiens. Je ne peux m'empêcher de voir symboliquement dans sa longévité le signe qu'il avait raison et j'ai bien peur hélas de connaître la réponse à la question posée à la fin de la 4e video.

Je vous suggère enfin la lecture dans Le Figaro et sur le site de LCI du compte-rendu de son interview testament au début cette année. Au nom des morts, ce pacifiste convaincu avait fini par accepter les obsèques nationales promises par Jacques Chirac au Der des Der.

"Je ne pense qu'à tous mes frères d'armes qui sont tombés. C'est à eux que les honneurs reviennent. Je ne suis que leur humble représentant ayant eu la chance de survivre. Moi je suis passé au travers de la guerre injuste et horrible."

mardi 11 mars 2008

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir à propos d'Antrabata (et j'ai osé le demander)




Bonjour Régis
Bonjour Femke
Bonjour Delphine
Bonjour les zotres

J’ai découvert ANTRABATA il y a quelques mois grâce à myspace et j’ai tout de suite été séduite par ce groupe de trip-hop dont les liens de parenté évidents avec Portishead n’empêchent pas une profonde originalité, une réelle personnalité.

ANTRABATA se sont d’abord les influences multiples de chacun des membres (trip-hop, jazz, musique contemporaine, etc.) parfaitement digérées par le groupe et traduites dans des mélodies claires et mélancoliques. C'est aussi un soin méticuleux apporté par Régis & co au choix des instruments, les ponctuations oniriques de Delphine et sa flûte, la voix limpide et harmonieuse de Femke. Mais ANTRABATA, de l'aveux même de ses membres, c’est avant tout une histoire humaine, la rencontre de trois univers qui se complètent et se répondent pour donner au groupe sa signature particulière.

Jeudi 28 février, j’avais rendez-vous avec le trio fondateur d’ANTRABATA dans un café près d’Opéra. J’ai passé trois heures fort sympathiques avec eux et deux verres d’un Brouilly de bon aloi. je leur soumis des questionnaires musicaux et des autoportraits chinois déjà en ligne ici : 1 - 2 - 3 et je leur ai posé moult questions auxquelles ils ont très gentiment répondu.

La naissance et le baptême

ANTRABATA est né il y a plus de deux ans d’une rencontre sur Internet. Régis cherchait une voix et un instrument, il a rencontré Femke la chanteuse et Delphine la flûtiste. Chacun a vécu cette rencontre comme une évidence aussi bien amicale qu’artistique. Ils sont immédiatement devenus complices et leurs différences se sont avérées complémentaires. Multi instrumentaliste fou - pour ne pas dire complètement gaga - de musique sous toutes ses formes ou presque, Régis avait joué dans plusieurs groupes dont le trio electro-jazz Eliante à la fin des années 90. Il souhaitait retrouver l’émulation créatrice d’un groupe.

Femke et Delphine venaient d’arriver à Paris ; la première arrivait d’Amsterdam où elle avait suivi des cours dans une école de jazz, collaboré à plusieurs projets musicaux et chanté en solo accompagnée d’une guitare, la seconde venait de terminer ses études à Montpellier où elle avait joué dans différents groupes plutôt orientés vers la chanson française.

Régis joue de nombreux instruments (guitare, basse, violoncelle, sitar, percussions, etc.) mais reste un homme comme les autres avec seulement deux bras et 10 doigts. Le trio est donc complété (notamment sur scène) par un batteur (dont on m'a dit le pus grand bien notamment sur le plan physique... ;o) ), un bassiste élevé au chouchen et quelques autres musiciens au gré des circonstances.

Le nom du groupe est une référence à un label japonais éphémère qui éditait des CD pirates de concert de Led Zeppelin, un des groupes culte de Régis. Il s’agirait en outre d’un mot hindi qui signifie « échange/discussion » (que rêver de mieux pour un groupe ?). Ses sonorités évoquent aussi le voyage, le mystère, la magie. Son logo pachydermique dessiné par Régis symbolise les envies de voyages et les rêves musicaux si chers aux membres du groupe.

L’inspiration et les influences

Régis possède quelques 8000 vyniles et 3800 CD. A titre personnel et/ou professionnel, il en achète entre 2000 et 2500 par an. Autant dire que tout ce qui sort ou presque, le pire comme le meilleur, lui passe entre les oreilles et il lui est difficile de dégager dans cet incessant flot musical quelques influences saillantes. Après 1h 26 minutes et 12 secondes de réflexion, il parvient tout de même à citer Brian Eno, Arnold Schonberg, Led Zep (tiens, ça me rappelle quelque chose), les Pink Floyd ou encore John Cage... une sélection qui allie un certain classicisme à un éclectisme certain.

Avec son acccent anglais impeccable (son accent français l'est également) difficile à comprendre pour une franchouillarde de base (moi), Femke tergiverse beaucoup moins à propos de ses goûts musicaux. Elle écoute du trip-hop notamment Portishead (ah oui, Portichaid), mais aussi Jeff Buckley (ah oui, Djeff Beuquelait), Ta'i maesss (ah oui, Torrrrri Amoss) ou 'adiohhhed (ah oui, Radïo aide).

Les préférences de Delphine vont à des groupes comme Dead can Dance (toute ma jeunesse), D.J. Crush, Asian Dub Fondation, Bobby mc Ferry ou encore Sinead O'Connor (qui bien avant Britney portait le cheveux ras avec une certaine grâce).

On le voit, le mot d'ordre est à la diversité. Toutefois, l'unanimité se fait immédiatement autour de deux noms parfaitement inconnus pour moi :
- Jorane une violoncelliste et chanteuse québécoise dont le premier album (1999) s'intitulait "Vent Fou" et le dernier en date "Vers à soi" (2007) (liens vers Wikipedia , french touch , myspace )
- Burial qui a sorti deux CD (Burial en 2007 et Untrue en 2007) et dont on trouve un titre sur myspace (liens vers myspace et wikipedia )

La composition et l'album

A la base de chaque morceau du groupe il y a, je cite, "les propositions d'ambiance" et "les mises en son" de Régis. Ce dernier conçoit la musique comme une suite de "paysages sonores" et c'est ce qu'il essaie d'exprimer à travers ses notes. Femke compose les textes et Delphine ajoute ses parties à la flûte. Les morceaux se construisent donc "naturellement" et par touches successives au gré de l'inspiration de chacun. régis apporte la touche finale aux arrangements des titres.

Le fait de jouer du trip-hop n'était pas prémédité. ce style s'est imposé de lui-même et Antrabata fait du trip-hop comme monsieur Jourdain faisait de la prose, par évidence mais aussi parce que ce style musical est à la croisée de tous les style et permet de brasser toutes sortes de références. Il ne cantonne pas Antrabata à un registre étroit mais leur permet une ouverture sur leurs multiples influences aussi bien musicales que culturelles, cinématographiques (Lynch, Wenders, Wong Kar Wai, Truffaut...), littéraires (Gracq, la littérature allemande, etc.) ou autres. Il leur semble notamment évident que les multiples voyages de Delphine et le goût prononcé de Régis pour la montagne inspirent largement les composition du groupe.

Le premier album "Elephant rêveries" est né presque "par hasard". Bon, ça c'est ce qu'on dit mais je ne crois guère à ce genre de déclaration surtout quand on sait que Régis a passé quelques 400 heures en studio à peaufiner les arrangements. Ce qui est certain c'est qu'il a très vite intéressé les professionnels. Régis a envoyé une maquette au label Prikosnovenie (le découvreur d'Orange Blossom ou des regrettés Misstrip) qui a tout de suite signé le groupe.

Le titre préféré de Femke est Miss Encyclopedia (c'est également le mien et j'adore la video). pour Régis et Delphine il est devancé d'une courte tête par Mirror Song. Faites-vous votre propre avis.

La scène et les projets

Antrabata aime la scène. Selon Régis, c'est devant le public que le concept de paysage sonore prend tout son sens. La scène est un lieu d'échange avec les spectateurs et de voyage. Parmi la vingtaine de morceaux prévus lors du concert de ce soir, il n'y aura pas de reprises (Antrabata n'en fait jamais... moi je les verrais bien jouer du Bowie...) mais quelques titres inédits. Certains d'entre eux figureront sur le 2e album du groupe actuellement en préparation et sur lequel le groupe reste pour le moment extrêmement discret.

Parmi les autres projets d'Antrabata figure la préparation d'un titre inédit pour une compilation indie. Ce ne sera pas une première puisque le groupe a déjà participé au collectif trip-hop Mezzanine aux côtés d'Etikal Lab notamment (la compil est en vente ici pour 5 euros).

lundi 10 mars 2008

J'ai mis en scène une pièce d'Anouilh (vrai ou faux ?)


Bonjour aux Roméo
Bonjour aux Jeannette
Bonjour aux Colombe
Bonjour à Monsieur Barnett
Bonjour aux zotres
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Voici la 9e réponse à la 9e question (quelle cohérence !) du quizz "vrai/faux" (un rejeton facebookeske).
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J'adore la plupart des pièces de Jean Anouilh. Celles que j'ai vu (pas mal), celles que j'ai lues (beaucoup). Je suis sensible aux thèmes évoqués par l'auteur, à la façon très personnelle dont il les traite mais surtout à la qualité de sa plume et à son humour décapant voire corrosif, grinçant (adjectif dont il qualifiait lui-même certaines de ses oeuvres). Parmi mes pièces préférées figurent "Roméo et Jeannette", "Le voyageur sans bagage", "Colombe" (à laquelle je dois un de mes surnoms), "Cécile ou l'école des pères" (le titre doit y être pour quelque chose), "Antigone" et aussi... "Monsieur Barnett" que je guette depuis des années dans les pages de l'officiel des spectacles.
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J'ai mis cette pièce en scène quand j'étais étudiante. En fait, nous avons failli ne jamais la jouer car le club théâtre auquel j'appartenais avait tout bonnement "oublié" de déclarer le spectacle que nous montions et "oublié" plus encore de demander l'autorisation aux ayant droits de Jean Anouilh car certaines de ses pièces ne sont jamais jouées. Lesquelles et pourquoi ? Mystère.
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Toujours est-il que nous avons eu l'autorisation de monter sur scène une heure avant la représentation. Un coiffeur "pour messieurs" du coin nous avait prêté un de ses fauteuils, quelques accessoires et autres bouteilles de shampooing (la pièce se passe dans un salon de coiffure), j'avais déguisé ma meilleure amie et néanmoins actrice principale en shampooineuse vulgaire plus vraie que nature (le standing du salon laisse à désirer), pourvu mon acteur principal d'un accent germanique (je sais, Barnett ne sonne guère teuton) et mon faux coiffeur d'un balai. J'avais vaguement tenté de me teindre en rousse parce que la pièce le valait bien (en plus de la mise en scène je m'étais modestement octroyé un petit rôle féminin - petit mais... sexy...) et fredonné le début du Banana Split de Lio (il fallait une chanson bête et sympathique à la fois). Ce fut un triomphe. Il faut dire que 80% des personnes présentes étaient des copains (et 6,78% des parents).
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Ma Môman à moi était dans la salle, venue tout exprès en train depuis Le Mans pour voir sa fifille unique et préférée sur scène. La critique dans le journal local fut bonne, pas bouleversée mais bonne. Môman a dû garder l'article quelque part...

Les zheureu(ze)s gagnant(e)s (du concours Antrabata)


Bonjour à celles et à ceux qui ont joué le jeu
Bonjour aux zotres



Suite au petit concours organisé sur mon blog, voici les noms de celles et ceux qui remportent une place pour le concert d'ANTRABATA mardi 11 mars à 20h00 à La Scène (Bastille).
Les gagnantes sont Sidonie et Caroline, les deux premières à avoir répondu.
Les gagnants sont Christophe et Franck, les deux derniers à avoir répondu.

Je ne doute pas qu'Anne et Olivier dont je connais l'imagination fertile gagneront d'autres concours. J'espère que j'aurai l'occasion de faire connaissance avec Sidonie que je ne connais pas du tout. Ca me fera plaisir de revoir Christophe rencontré lors du concert d'Arther, Clark et Colorblind au Nouveau Casino. Franck est une très vieille connaissance (nous étions au collège ensemble) retrouvé virtuellement grace à Facebook et Caroline est une amie de longue date.

Je vous expliquerai en privé comment récupérer vos places à l'entrée. Ne faites pas la queue, vous serez sur guest list. Meci à vous pour votre participation et merci à Antrabata pour ces places de concert. J'avoue avoir été bluffée par votre imagination en matière de slogan au 3e degré. Voici les réponses que j'aurais données à titre personnel :

a/ Ma chanson préférée d'ANTRABATA
Miss Encyclopedia - En plus j'adore la video qui figure encore dans la liste des "clips du moment" dans la colonne de gauche du blog.

b/ Une chanson trip-hop que j'adore
Angel de Massive Attack - Pour moi c'est une chanson culte. Un titre que je mettrai en tete d'une compilation de chansons pour faire l'amour (ou autre chose).

c/ Un slogan composé d'un nom commun et de deux adjectifs
Paysage musical et onirique - Les membres du groupe font beaucoup référence aux voyages, à la nature, à leur volonté de traduire une ambiance à travers leur musique. Je trouve qu'ils y parviennent parfaitement.

dimanche 9 mars 2008

Arther (l'album à vous procurer d'urgence)



Bonjour Alex, Juliette, Ben et Kevin
Bonjour les zotres



Interview video de 5 mn ici (attention, son pourri)


Le premier album du groupe ARTHER sort demain et je suis en train de l'écouter. Comment est-ce possible demanderont les plus logiques (et les moins assidus à mon blog). Tout simplement parce que je me le suis procuré lors de leur excellent concert au Nouveau Casino en même temps que celui de Clark and the famous suspects dont je parlerai bientôt. La preuve en mots et en images en cliquant sur les liens ad hoc.

Depuis le 22 février dernier, date de mon acquisition, il ne quitte pas mon lecteur de CD. Il y est je pense en bonne compagnie puisque les 4 autres albums qui s'y trouvent en ce moment même sont de Bowie, Muse, Clark et Goldfrapp. On a connu pire voisinage.

J'écoute ce CD au moins une fois par jour car voyez-vous, au cas où vous ne l'auriez pas encore compris J'ADORE cet album. Je le trouve vraiment excellent : à la fois mélodique et énergique, rock et harmonieux, pêchu et mélancolique et surtout formidablement cohérent. Les 11 chansons qui le composent forment un ensemble homogène mais non répétitif, très cohérent sans être uniforme. Certaines évoquent un peu les Cranberries (du temps de leur splendeur) mais un peu seulement car ARTHER possède un univers très personnel et la jolie voix de Juliette n'appartient qu'à elle. A titre personnel et même si Arther ne fait pas du trip-hop, je sens aussi quelques clins d'oeil à Portishead ici ou là (sur "Take me out" par exemple) et de références volontaires ou non à des groupes indé anglosaxons tels que Salad ou Jewel que j'ai beaucoup écoutés il y a une dizaine d'années.

En concert, le groupe a choisi de chanter en rappel une chanson que j'ai mis un peu de temps à identifier (genre 20 secondes... J'aurais dû parier, hein Monsieur "Christophe-non-c'est-pas-ça-je-l'ai-dans-mon-MP3" ;o) ). J'ai reçu un véritable choc auditif en entendant ça et je n'en suis toujours pas remise. Vraiment.

J'ai croisé les doigts pour que ce morceau ne soit pas qu'un titre de scène et pour qu'il figure sur l'album (car il n'était pas sur myspace à l'époque, maintenant si) et, pour mon plus grand bonheur, il y est bel et bien (plage 6). C'est un morceau extrait d'une superbe BOF, une des rares que je possède chez moi (avec celle de Trainspotting). Je viens de virer (momentanément) Bowie de mon lecteur CD et je me repasse en ce moment même la version originale de ce sublime titre de Goran Bregovic "Ederlezi", titre emblématique du film culte d'Emir Kusturica "Le temps des Gitans".

Croyez-moi (ou pas), la version d'ARTHER tient laaaaargement la comparaison. J'ADORE (je sais, je radote). Je ne sais pas combien de fois j'ai écouté cette chanson depuis que j'ai acheté l'album. Une bonne centaine de fois je pense. Le groupe a su conserver toute l'émotion du titre tout en le modernisant et en y ajoutant un poil de tonus. C'est parfait et je pèse mes mots.

Etrangement (ou plutôt pas du tout), la seule des 11 chansons de l'album que je trouve un brin en dessous des autres est celle qui suit et qui s'intitule "Woman". Je la trouve un poil moins harmonieuse que les autres, plus rude (et peut-être mal placée dans l'album), avec un je-ne-sais-quoi de fourre-tout musical qui lui donne à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles) un côté un peu brouillon. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : cette chanson est bien mais les autres sont excellentes.

Je ne peux que vous conseiller une fois de plus :
- de vous précipiter sur myspace pour (re)-découvrir les 6 titres en écoute,
- de vous procurer l'album d'ARTHER à partir de demain dans les meilleures charcuteries,
- d'aller les voir sur scène à la première occasion (moi j'attends la prochaine).

Pour finir, j'ai une VRAIE question pour ARTHER : à quand des titres en français ?