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jeudi 27 janvier 2011

Les violons parfois (de Françoise Sagan)

Bonjour aux violonistes régulier(e)s
Bonjour aux violonistes occasionnel(le)s
Bonjour aux zotres


Ce livre faisait partie de ma sélection dans le cadre de mon challenge littéraire de novembre 2010 et comme les 3 livres sont arrivés ex-aequo, j’ai choisi celui-ci pour 2 raisons :
- C’est une pièce de théâtre et non un roman : ça change
- La paresse : ça se lit très vite. En 2 trajets de bus l’affaire était pliée

Le sujet

Pendant 5 ans, Charlotte et son amant Antoine (vague escroc présenté comme son cousin à la bourgeoisie de Poitiers) furent entretenus par un industriel fortuné. Le décès de ce dernier révéla qu’il n’avait couché sur son testament ni sa sœur Augusta ni la belle Charlotte et que son unique légataire était Léopold, un lointain neveu par alliance âgé de 20 ans. La personnalité lunaire du jeune homme et son détachement pour les questions matérielles en font une proie facile pour Charlotte qui ne tarde pas à le dépouiller avec son consentement. Mais, au final, qui dévorera l’autre ?

Mon avis

Cette pièce créée en 1961 et publiée en 1962 possède un indéniable côté poussiéreux et totalement démodé. En outre, le texte est très court et donc forcément superficiel : les personnages esquissés auraient mérité une plus grande attention sur le plan psychologique ce qui impliquait un texte plus long et plus dense (ce que sait parfaitement faire Jean Anouilh dans un registre cynique et/ou désabusé comparable).

Je ne pense pas que la jouer à nouveau pourrait présenter un intérêt de nos jours même en procédant à de sérieux réaménagements du texte tant le contexte et les péripéties qui servent de toile de fond au développement des thèmes abordés sont eux-mêmes obsolètes. Il n’en demeure pas moins que l’écriture de Françoise Sagan est belle souvent, brillante parfois, spirituelle dans l'ensemble, que la dureté du propos ne manque pas d’intérêt, que le sens du paradoxe désabusé et de la formule acide évoquent parfois certains aphorismes d’Oscar Wilde et la morsure de certaines pages d'Anouilh (déjà cité).

Depuis Les liaisons dangereuses de Laclos, la littérature regorge de romans traitant de la manipulation amoureuse sur le thème du tel-est-pris qui croyait prendre, des faux-semblants et de l’orgueil, de la cruauté infinie de la candeur, infinie parce qu’innocente, sans calcul et donc sans possibilité de remise en cause.
Antoine et Charlotte sont deux êtres veules, profiteurs, hypocrites unis par l’amour tout d’abord, nourris par une commune ambition et une même absence de scrupules mais c’est cette ressemblance, ce miroir tendu par l’autre qui fait qu’il devient peu à peu insupportable jusqu’à la souffrance affligée avec d’autant plus de mépris qu’elle est aussi ressentie par chacun des deux, prisonniers d’un même cercle vicieux de rancœurs.
Léopold est le Candide parfait, la victime désignée des intrigues fomentées par le couple mais ils ne peuvent l’atteindre tant il est dépourvu d’orgueil, de passions, tant les contingences matérielles glissent sur lui au-delà du supportable.

2 citations qui donnent une idée du ton

L'argent rend égoïste. C'est bien pourquoi je veux en avoir. Je trouve l'égoïsme confortable, équilibrant...
L'intelligence sans bonté est une arme bien dangereuse.

Conclusion

Une Nième variation légère et très bourgeoise sur le thème de la destruction amoureuse.

mardi 30 novembre 2010

L'auteure de novembre (Sizun - Sagan - Hartnett)

Bonjour Marie, Françoise et Sonya
Bonjour les zotres

3 romans d'auteures dont je n'ai lu qu'un ou deux romans mais que j'ai admirés voire adorés.

Marie Sizun
La femme de l'allemand

Pourquoi je l'ai choisi : Liliba m'avait offert Le père de la petite et j'avais aimé la sensibilité de cette histoire au coeur de la seconde guerre mondiale. Un avis positif chez
Antigone

Le sujet : Le monde de la petite Marion vacille. Elle aime sa mère, Fanny, mais une dissonance s'installe dans leur relation. Une voix un peu trop haute, des emportements inexplicables, un silence embarrassé à propos de ce père allemand dont Marion ne sait rien ou presque. Avec le temps, Marion apprend : Fanny est maniaco-dépressive. Les rôles s'inversent alors. L'adolescente endosse cette raison qui doucement quitte sa mère. Elle la protège, la couvre en taisant ses excès. Mais l'amour ne suffit pas pour terrasser la folie. Nous retrouvons dans ce texte magnifique et douloureux le talent que Marie Sizun a déployé dans Le Père de la petite pour dire avec émotion et pudeur l'amour qui rapproche et sépare les êtres.


Françoise Sagan
Les violons parfois

Pourquoi je l'ai choisi : Comme tout le monde ou presque, j'avais lu Bonjour Tristesse il y a très longtemps et je n'avais pas mesuré alors tout le génie et la maturité de l'auteure qui m'ont sauté aux yeux quand j'ai lu l'an dernier Un certain sourire (son 2e roman écrit à 19 ans).


Le sujet : Dans un salon cossu de Poitiers sont réunis Antoine, Charlotte et Augusta. Le climat est tendu. Une histoire d'héritage les divise. Le frère d'Augusta a légué son immense fortune non pas à Charlotte, sa compagne, mais à un neveu lointain, Léopold, considéré comme un simple.Dès son arrivée, Charlotte en fait une proie facile. Dépossédé et transformé en esclave, ce bon jeune homme romantique va-t-il éviter que la comédie bouffonne qui s'esquisse ne vire soudain vers un dénouement malicieux et inattendu ? « Les violons, parfois, causent des ravages.

Sonya Hartnett
Une enfance australienne

Pourquoi je l'ai choisi : Finnigan et moi a été une de mes 3 grandes découvertes littéraires de l'année en cours. J'ai tout simplement été bluffée par ce (premier ?) roman et j'ai hâte de lire le 2e.

Le sujet : Adrian a 9 ans. Il vit dans une petite ville australienne, il adore dessiner, il aime les glaces, rêve d'avoir un chien. Il a souvent peur aussi. Peur des sables mouvants, des monstres marins et de la combustion spontanée. Ses parents ont disparu. Il est élevé par un oncle presque mutique et une grand-mère autoritaire. À l'école, son meilleur ami s'appelle Clinton, même si celui-ci l'abandonne très vite pour l'"intello" de la classe. Il y a aussi ces trois enfants, Zoe, Christopher et Veronica, qui, par une belle journée d'automne, sont partis se promener, et ne sont jamais revenus... Alors Adrian se demande quel est cet homme qui vient de s'installer en face de chez lui. Et pourquoi les volets restent clos. Dans cette bourgade étouffante où rien ni personne n'est innocent, dans cette famille repliée sur elle-même et un rien bizarre, Une enfance australienne raconte l'histoire d'un jeune garçon solitaire mais très curieux. Peut-être un peu trop... Tout l'univers étrange et poétique de celle que le magazine Elle avait comparé à Faulkner mâtiné de Stephen King. Un livre à déconseiller aux âmes sensibles.

jeudi 28 octobre 2010

Le canapé rouge (Michèle Lesbre)

Bonjour Michèle
Bonjour à celles et ceux qui ont lu ce livre

Bonjour à celles et ceux qui aiment les meubles et éléments de déco rouges
Bonjour aux zotres

Dans le cadre de mon
challenge de lecture de septembre, vous avez majoritairement voté pour Le canapé rouge de Michèle Lesbre et je vous en remercie au plus haut point. Mazette quel livre mais alors quel livre !!!

4e de couverture


Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris. Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses, telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne… Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux : ceux des amours passées…
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre. Prix Pierre Mac Orlan 2007.

Mon avis

Habituellement, je préfère résumer moi même un livre que reprendre le 4e de couverture et si, cette fois, j'ai donné dans la facilité du copié-collé ce n'est pas par paresse ou indifférence mais parce que le sujet du roman est assez difficile à résumer et que l'essentiel n'est pas tant dans la trame romanesque elle-même que dans les réflexions, les analyses, digressions et retours sur le passé qui la jalonnent.

J'ai tout simplement adoré Le canapé rouge. Le hasard de mes découvertes littéraires a voulu que je le lise juste après La grand mère de Jade avec qui j'ai été plus que sévère (mais juste !) ici. Etonnament (ou pas), j'ai trouvé beaucoup de similitudes entre les deux romans : le thème de la vieillesse, les relations inter-générationnelles, la culture littéraire et son partage, le deuil d'une relation amoureuse et les réflexions sur ce qui l'avait fait durer puis mourir, la recherche de soi et l'acceptation du temps qui passe, etc.

Mais, là où Frédérique Deghelt commet un bouquin ennuyeux, puéril et maladroit, Michèle Lesbre nous livre une pure pépite magnifiquement écrite, bourrée de finesse, d'intelligence, de sensibilité, de profondeur. Je pourrais arrêter mon message ici car, me semble-t-il, tout est dit.

En moins de 140 pages empreintes de pudeur et de sensualité, Michèle Lesbre nous propose un voyage bien plus intérieur qu'il n'y paraît. Celui effectué par l'héroïne dans le transsibérien pour rejoindre un homme n'est en effet que le support à ses propres réflexions et à la recherche d'elle-même. Les mots de l'auteure font écho à chaque page et ses descriptions produisent un effet photographique saisissant.

J'ai tout aimé dans ce roman, tout, absolument tout.

Quelques liens

Un autre roman de cette auteure est en lice pour le prix Qd9 2010 sélectionné par Miss Ficelle qui, à juste titre, ne tarit pas d'éloges sur l'écriture de Lesbre. Je vous conseille aussi de lire les avis positifs de Miss Abeille de Miss Aifelle.
Je vous suggère de relire la présentation que j'avais faite pour mon
challenge de septembre car j'y évoque une présentation de l'éditrice et surtout je cite Jorge Semprun qui ne tarit pas d'éloges sur le roman. Ce qu'il écrit dans le Nouvel Obs est à la fois fort positif, très beau et très juste... en voici quelques bribes :
livre rayonnant. Il s’impose de lui-même, dans le silence ému, solitaire et multiple, de la lecture. son charme nostalgique, ses chatoyantes qualités d’écriture, la bouleversante humanité de ses personnages de femmes, tendres sans larmoiement, résolues mais disponibles.

Conclusion

Une merveille. Un des 2 ou 3 meilleurs livres que j'ai lus cette année.

mercredi 13 octobre 2010

Amour, prozac et autres curiosités (Lucia Etxebarria)

Bonjour à celles et ceux qui ont voté pour ce livre
Bonjour aux zotres


En avril, vous avez eu la bonne idée de repêcher un livre que je voulais lire depuis sa sortie. Même si j'ai préféré le génialissime Un miracle en équilibre de la même auteure, je reconnais que Amour, Prozac et autres curiosités mérite amplement la vôtre (de curiosité).

Le sujet

Christina la serveuse insouciante croque les hommes, Rosa la directrice financière surdouée avale les heures de boulot, Anna la maman femme d'intérieur modèle broie du noir. Les 3 soeurs gobent des pilules à longueur de temps et, au fil de pages, évoquent leurs attentes, leurs angoisses, leur insatisfaction, leurs rapports entre elles, leur famille et aussi, peu à peu, comment et pourquoi elles en sont arrivées là...

Mon avis

Je savais déjà que Lucia Etxebarria possédait un sacré talent de narratrice et savait trousser des histoires familiales modernes comme peu d'auteur(e)s en sont capables. Ses personnages (féminins) ont le bon goût d'être suffisamment proches de soi pour qu'à certains traits on s'identifie à elles et sufisamment déjantées pour que la noirceur qui affleure parfois ne nous éclabousse pas trop sans nous priver cependant d'une réflexion personnelle autour des questions posées :
- qu'est-ce qui commande notre rapport à la sexualité ?
- choisit-on sa vie ? le conjoint qu'il faudrait ?
- l'absence nous construit-elle ?
- nos failles nous détruisent-elles ?
- où sont nos priorités ?

L'auteure balance habilement entre gravité et anecdotes, provocations légères et blessures profondes pour un résultat dont les 280 pages se dévorent sans la moindre lassitude. Une réussite !

Conclusion

Je suis heureuse de cette 2e lecture de Lucia Etyxebarria et encore plus à l'idée de tous les romans et nouvelles d'elle qu'il me reste à découvrir.

lundi 11 octobre 2010

L'auteure d'octobre (Oates - Ladjali - Nemirovsky)

Bonjour Cécile, Carol et Irène
Bonjour les zotres


En juillet vous avez retenu Virginie Despentes et je repêche Irène Némirovsky.
En août vous avez voté pour Delphine de Vigan et je repêche Cécile Ladjali.
En septembre vous avez choisi Michèle Lesbre et je repêche Joyce Carol Oates.


David Golder
Irène Nemirovsky

Malade, trahi et abandonné par les siens, David Golder, financier redoutable, pourrait accepter la ruine de sa banque. Mais pour sa fille Joyce, frivole et dépensière, sur laquelle il n'a d'ailleurs aucune illusion, le vieil homme décide de reconstruire son empire, et entame cet ultime combat avec une énergie farouche.




Les souffleurs
Cécile Ladjali
La présentation de l'éditeur en ligne sur
Amazon est trèèès longue et donne bien le ton intello, tordu, métaphorique, baroque et théâtral du livre. En voici le début :
Deux têtes coupées (les souffleurs), deux jumeaux incestueux, un palais vénitien aux pieds palmés, un comte amateur d'absinthe, un majordome (toujours) précédé de ses ganta blancs, un bonnet de bain rose et un seul théâtre pour deux représentations rivales : Shakespeare et Racine en ébullition. "Une pensée doit être étrange comme la ruine d'un sourire." Cioran
L'aphorisme de Cioran me séduit et m'inquiète à la fois de même que les avis que j'ai lus (celui de
Malice par exemple) qui insistent sur une certaine complexité et un forte ancrage du livre dans une culture théâtrale classique que je ne possède pas.

Joyce Carol Oates
Je vous emmène

La blogosphère fourmille de messages concernant cette auteure dont je n'ai encore rien lu. Il serait temps que je m'y mette. Ce roman a fait partie de la sélection étrangère du prix Fémina 2004, année où Une vie française de Dubois (en lice pour le
Prix Qd9 2010) fut récompensé côté français) mais c'est Sang Impur de l'Irlandais Hugo Hamilton qui l'a eu.
Sur Rats de Biblio on trouve
3 avis complémentaires et différents

4e de couverture
En ce début des années soixante, nous n'étions pas encore des femmes mais des jeunes filles. Fait qui, sans ironie aucune, était considéré comme un avantage. " Ainsi commence cette chronique de la vie d'un campus américain à l'époque où le seul diplôme reconnu pour une demoiselle qui se respecte était une bague de fiançailles. Que se passe-t-il dans ce petit monde édulcoré quand une jeune femme pas comme les autres s'éprend d'un étudiant noir alors que la ségrégation raciale bat son plein ? Voilà le point de départ de ce tableau d'une Amérique avant la tempête, encore perdue dans ses rêves d'innocence. Bien plus qu'une réflexion critique sur une période souvent évoquée avec nostalgie, " Je vous emmène " retrace le parcours d'une jeune fille indépendante, à la fois vulnérable et rebelle. Pleine d'humour et de doutes, c'est dans l'écriture qu'elle trouvera sa place et construira son identité en dehors des modèles offerts.

lundi 6 septembre 2010

Teen Spirit (de Virginie Despentes)

Bonjour aux ado
Bonjour à leurs pères
Bonjour aux zotres


En juillet vous avez choisi Virginie Despentes face Irène Némirovsky et Anne Walter. J'étais ravie. Je le suis moins après avoir lu Teen Spirit.

Le sujet

Bruno a 30 ans mais une sortie d'adolescence non amorcée et le gène de la glande particulièrement développé. Un jour il reçoit un coup de fil d'Alice qu'il a connu au lycée. Celle-ci lui annonce qu'il est le père de sa fille Nancy, une ado de 13 ans.

Mon avis

Quand on a lu et aimé, Baise-moi le mythique premier roman de Virginie Despentes puis adoré son essai bluffant, décalé et politiquement incorrecte King Kong Theorie, on amorce un 3e livre de l'auteure avec une curiosité bienveillante et l'on est, par définition, toute disposée à l'aimer.

Seulement voilà, on s'attend aussi à retrouver la vigueur et l'absence de concession qu'on aime (ou pas) chez Despentes. Force est de constater que Teen Spirit est loin de posséder la violence et l'impact qui fait tout le sel des deux ouvrages suscités et, quand on possède un minimum de mauvais esprit, on se demande si Virginie Despentes ne songeait pas à payer au plus vite son 2e tiers provisionnel en rédigeant les 155 pages de Teen Spirit.

Le roman évite la mièvrerie d'un cheveu (un brin cassant) mais n'échappe pas à la platitude. Même les envolées libertaires qui émaillent le récit semblent ici plus artificiellement posées dans le texte que décoiffante. Le regard si critique et acéré pour ne pas dire révolté sur l'époque dont est capable Despentes se trouve ici édulcoré, aseptisé, quasi embourgeoisé.

Même les moins perspicaces d'entre vous comprendrons que je n'ai pas été conquise. Je l'ai été d'autant moins que je ne m'attends pas à lire sous la plume de Despentes une historiette que j'aurais déjà trouvé peu convaincante signée par Gavalda par exemple.

Je finirai toutefois sur deux notes positives. Tout d'abord, c'était la première fois que je lisais un roman écrit à la première personne par une femme dont le héros est un homme. Je n'ai pas d'autre exemple en tête. Si vous en avez, je suis preneuse. Le résultat sonne plutôt juste de même que les rapports père/fille analysés par le père, les seuls moments où ce petit roman décolle un peu.

Conclusion


Dispensable contrairement aux 2 autres romans de Despentes mentionnés précédemment.

lundi 30 août 2010

L'auteure de septembre (Lesbre - Nothomb - Oates)

Bonjour à Michèle, Amélie et Joyce Carol
Bonjour à celles et ceux qui ont lu leurs livres

Pensées pour Alain Corneau
Bonjour aux zotres

Faute de temps (si vous saviez tout ce que je suis sensée lire dans les semaines à venir...), ma sélection de septembre se compose à nouveau de 3 romans peu épais.
Merci de voter pour votre préféré dans le sondage mis en ligne dans la colonne de gauche.


Michèle Lesbre
Le canapé rouge


Prix Pierre Mac Orlan 2007.
Présentation de l'éditrice
ici.
Abeille a admiré l'écriture plus que le récit et cite 2 extraits effectivement beaux et sensibles. Ce livre constituait le choix d'Aifelle pour le challenge des coups de coeur de la blogosphère.

Un autre roman de cette auteure figure dans la sélection française pour le prix Qd9 2010 et Miss Ficelle ne tarit pas d'éloges sur l'écriture de Lesbre. Je lui fait confiance sur ce point et si j'ajoute à cela que Jorge Semprun (que j'admire au plus haut point) a fait une critique plus qu'élogieuse de ce livre dans le
Nouvel Obs dont voici quelques extraits :
«le Canapé rouge» (...) est l’un des événements du retour à la saison des prix, (...) tout d’abord, parce que ce livre rayonnant est bien au-dessus, bien des coudées au-dessus de toute intrigue ou cabale, précisément. Il s’impose de lui-même, dans le silence ému, solitaire et multiple, de la lecture. Et j’imagine fort bien qu’on se signale de bouche à oreille amie son charme nostalgique, ses chatoyantes qualités d’écriture, la bouleversante humanité de ses personnages de femmes, tendres sans larmoiement, résolues mais disponibles. (...) En tout cas, il sera difficile d’oublier «le Canapé rouge». Sa petite musique russe, universelle, retentira longtemps à nos oreilles, comme la mélodie inoubliable de Souliko.

Et puis le 4e de couverture cite Olympe de Gouges que j'admire également : il me faut donc impérativement lire ce roman :
Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris. Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses, telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne… Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux : ceux des amours passées…
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre.


Amélie Nothomb
Stupeur et tremblements


On ne présente plus cette auteure dont j'ai déjà lu 4 livres ou plutôt 3,25 car Les Combustibles m'est tombé des mains (ma résistance à l'ennui a ses limites). Seul Métaphysique des tubes m'a réellement convaincue. J'ai jugé Hygiène de l'assassin trop scolaire à mon goût (un roman de jeune fille douée soucieuse de montrer à quel point elle est brillante et cultivée), quand à Peplum, je l'ai tous simplement trouvé pathétique, ridicule, raté (rien que ça !).

Coïncidence étrangère, l'adaptation cinématographique de ce roman (qui a un article sur Wikipedia) a été réalisée par
Alain Corneau qui est décédé aujourd'hui et dont mon film préféré reste Tous les matins du monde qui me donnerait (presque) envie de relire du Pascal Quignard (c'est dire !).

4e de couverture
Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l'implacable rigueur de l'autorité d'entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.D'erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu'au rang de surveillante des toilettes, celui de l'humiliation dernière. Une course absurde vers l'abîme- image de la vie-, où l'humour percutant d'Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne. Entre le rire et l'angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l'auteur d'"Hygiène de l'assassin" le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999.


Joyce Carol Oates
Je vous emmène


La blogosphère fourmille de messages concernant cette auteure dont je n'ai encore rien lu. Il serait temps que je m'y mette. Ce roman a fait partie de la sélection étrangère du prix Fémina 2004, année où Une vie française de Dubois (en lice pour le Prix Qd9 2010) fut récompensé côté français) mais c'est Sang Impur de l'Irlandais Hugo Hamilton qui l'a eu.
Sur Rats de Biblio on trouve
3 avis complémentaires et différents

4e de couverture
En ce début des années soixante, nous n'étions pas encore des femmes mais des jeunes filles. Fait qui, sans ironie aucune, était considéré comme un avantage. " Ainsi commence cette chronique de la vie d'un campus américain à l'époque où le seul diplôme reconnu pour une demoiselle qui se respecte était une bague de fiançailles. Que se passe-t-il dans ce petit monde édulcoré quand une jeune femme pas comme les autres s'éprend d'un étudiant noir alors que la ségrégation raciale bat son plein ? Voilà le point de départ de ce tableau d'une Amérique avant la tempête, encore perdue dans ses rêves d'innocence. Bien plus qu'une réflexion critique sur une période souvent évoquée avec nostalgie, " Je vous emmène " retrace le parcours d'une jeune fille indépendante, à la fois vulnérable et rebelle. Pleine d'humour et de doutes, c'est dans l'écriture qu'elle trouvera sa place et construira son identité en dehors des modèles offerts.

jeudi 22 juillet 2010

L'auteure d'août (Gavalda - Ladjali - de Vigan)

Bonjour Delphine, Anna et Cécile (quel joli prénom !)
Bonjour à celles et ceux qui ont lu leurs romans
Bonjour aux zotres


Préférant consacrer mon temps aux
romans sélectionnés pour le prix Qd9 2010 mais aussi à quelques zotres que j'ai eu le plaisir de recevoir par la poste (Derey, Ravalec, rentrée littéraire Ulike) et dont je vous reparlerai bientôt, j'ai volontairement choisi pour mon challenge d'août, 3 romans peu épais et que je présumais faciles et rapides à lire... et puis divers doutes sont venus nuancés ou au contraire exacerber cet a priori jusqu'à la déception quand j'ai lu ce qu'on disait des uns et des zotres sur la blogosphère. J'avoue que ce mois-ci le suspens est total, je n'ai aucune idée quant au résultat du sondage...

N'oubliez pas de VOTER dans la colonne de gauche car les choix exprimés dans vos commentaires sont sympathiques et intéressants car ils expliquent vos motivations (parfois marrantes !) mais seuls les résultats du sondage permettent de désigner le livre gagnant.


L'échappée belle
Anna Gavalda


J'ai déjà lu 2 livres de cette auteure. J'ai adoré son recueil de nouvelles Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (voir
ici) mais j'ai été nettement moins séduite par son roman Je l'aimais (voir là). En lisant les avis de Laurence (biblioblog), Thom (le Golb) et Cuné, on comprend que l'on n'est pas tombé sur un livre inoubliable mais que l'on ne va pas se faire mal au cerveau.

Les lignes de présentation que j'ai pu lire
Sur Amazon laissent aussi présager un petit livre plus léger qu'un vin de Loire mais parfois c'est sympa de ne pas chercher à s'énivrer et de vouloit être juste gai(e) et détendu(e) après avoir avalé un peu trop vite un verre de vin frais et facile à boire. Le risque, bien sûr, est de tomber sur une piquette désagréable :
Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux ?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château pendu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adultes. Légère, tendre, drôle, L'Echappée belle, cinquième livre d'Anna Gavalda aux éditions Le Dilettante, est un hommage aux fratries heureuses, aux belles-soeurs pénibles, à Dario Moreno, aux petits vins de Loire et à la boulangerie Pidoune.


Les souffleurs
Cécile Ladjali

La présentation de l'éditeur en ligne sur
Amazon est trèèès longue et donne bien le ton intello, tordu, métaphorique, baroque et théâtral du livre. En voici le début :
Deux têtes coupées (les souffleurs), deux jumeaux incestueux, un palais vénitien aux pieds palmés, un comte amateur d'absinthe, un majordome (toujours) précédé de ses ganta blancs, un bonnet de bain rose et un seul théâtre pour deux représentations rivales : Shakespeare et Racine en ébullition. "Une pensée doit être étrange comme la ruine d'un sourire." Cioran
L'aphorisme de Cioran me séduit et m'inquiète à la fois de même que les avis que j'ai lus (celui de
Malice par exemple) qui insistent sur une certaine complexité et un forte ancrage du livre dans une culture théâtrale classique que je ne possède pas.


No et moi
Delphine de Vigan

La blogosphère regorge de critiques variées de ce livre qui m'a été offert la semaine dernière (merci !) et qui a obtenu le prix des libraires 2008. En voici quelques unes, de la plus enthousiaste à la moins convaincue par cette histoire d'ados dissemblables :
Clarabel - Bibliza - Lily - La tourneuse de pages - Keisha - Malice
La plupart sont agrémentées d'extraits du livre.

jeudi 15 juillet 2010

L'auteure d'avril (Extebarria, Cusset, Austen)

Bonjour Lucia, Catherine et Jane
Bonjour les zotres


J'ai aimé vos 3 choix du premier trimestre qui m'ont permis de découvrir enfin Goby dont je sais que je lirai d'autres romans, de confirmer le fait que j'aimais la sensibilité de Bernheim que j'avais découvert via le subtil Sa femme et de renouer plus qu'agréablement avec Beck l'impressionnante auteure de Recensement et surtout de Léon Morin Prêtre (Goncourt 1952). Je vais donner une nouvelle chance à trois auteures recalées.


En janvier vous aviez le choix entre Cusset, Extebarria et Goby et vous avez choisi L'échappée de Valentine Goby (ma critique est ici).
En février vous aviez le choix entre Bernheim, Austen et Tung Cuong et vous avez élu Le cran d'arrêt d'Emmanuèle Bernheim (ma critique est ici).
En mars vous aviez le choix entre Cusset, Beck et Gille et vous avez majoritairement voté pour Une mort irrégulière de Béatric Beck (ma critique est ici).


Qui choisirez-vous pour avril ?

Lucia Extebarria
Amour, prozac et autres curiosités
Jane Austen
Lady Susan
Catherine Cusset
En toute innocence

Pour vous aider à départager ces 3 livres, relisez les 4e de couverture mis en ligne aux mois correspondants.
Je sais, je triche, on est en juillet et pas en avril... Je rattrape mon retard pendant l'été (restent mai et juin). So what ?

Résultat du sondage
90% de votes pour Extebarria ! Je pensais bien qu'elle allait gagner mais pas si largement ! J'avoue que ce choix me fait plaisir car c'était aussi sans hésitation le mien.

mercredi 7 juillet 2010

L'auteure de Juillet (Walter, Nemirovsky, Despentes)

Bonjour Anne, Irène et Virginie
Bonjour aux zotres


Après une interruption que je regrette mais que je compte bien combler, voici le retour de mon challenge littéraire au féminin. J'ai besoin de vos votes pour savoir lequel de ces 3 livres lire en juillet. Vous trouverez ci-dessous les 4e de couverture de chacun des 3 romans en lice afin de vous faire une idée de votre préférence. J'espère qu'elle rejoindra la mienne !


Les rendez-vous d'Orsay
Anne Walter

Après un " fondu au noir " l'image s'impose de la vieille gare, et tous ses bruits : les wagons qui ralentissent et grincent, les pas des chevaux de fiacre qui s'éloignent vers la Seine. Dans la brume du passé, un porteur surgit avec sa blouse marine et sa courroie pour bagages. Des enfants passent, têtes ornées de canotiers. Le train pour Bordeaux est à quai. Là-haut, invisible mais présent, le dieu Mercure tisse le fil des vies perdues.


David Golder
Irène Nemirovsky

Malade, trahi et abandonné par les siens, David Golder, financier redoutable, pourrait accepter la ruine de sa banque. Mais pour sa fille Joyce, frivole et dépensière, sur laquelle il n'a d'ailleurs aucune illusion, le vieil homme décide de reconstruire son empire, et entame cet ultime combat avec une énergie farouche.



Teen Spirit
Virginie Despentes

Deux versions bien distinctes d'elle-même se disputaient dans un seul corps et se partageaient le temps d'action. Entre la montre Kitty et le bracelet clouté, elle n'avait pas encore choisi son camp. " Nancy a passé treize années chez sa mère, Alice, une dame branchée fric et névroses. Bruno a passé trente ans enfermé chez lui, devant sa télé, à ne pas faire grand-chose. Nancy est la fille de Bruno, mais ni l'un ni l'autre ne sont au courant. Un jour, pourtant, Bruno voit Nancy débouler dans sa vie. Soudain papa, le punk rocker va affronter toutes les épreuves de l'adolescence... avec une nouveauté de taille : les " conneries ", ça n'est plus lui qui les fait... quoique.


N'oubliez pas de VOTER en haut de la colonne de gauche !!!

vendredi 4 juin 2010

L'échappée (de Valentine Goby)

Bonjour Valentine
Bonjour Madeleine
Bonjour les zotres


Valentine Goby a été choisie par vous comme l'auteure de janvier 2010.

En fait, son livre m'a accompagnée à Dakar et je l'ai dévoré en vol avec beaucoup plus de plaisir que le tajine poulet au citron servi par Royal Air Maroc (la RAM pour les zintimes).

Le sujet

En pleine occupation allemande, Madeleine a 16 ans et des origines campagnardes qu'elle execre. Elle n'a jamais vu la mer et rêve de quitter la Bretagne et sa condition. En attendant, elle travaille dans un hôtel à Rennes où elle fait la connaissance de Joseph Schimmer, officier allemand et surtout pianiste virtuose. Comment pourrait-elle ne pas tomber amoureuse de cet homme ?

Mon avis

Certains livres sont des évidences avant même d'être lus. Je savais que j'avais rendez-vous avec L'Echappée depuis que j'ai lu les premières critiques à son sujet sur la blogosphère (là je vous renvoie dans la colonne de gauche au moteur de recherche de Mister Calepin).

Et puis j'ai croisé Valentine Goby lors d'un salon du livre à Saint Dié des Vosges et échangé quelques mots avec elle qui m'ont paradoxalement (ou pas) poussée à attendre un peu avant d'ouvrir l'exemplaire qu'elle m'avait dédicacé.

Je ne regrette pas mon attente et je crois qu'elle m'a permis de savourer encore mieux la très belle écriture de l'auteure au service d'une histoire à la fois passionnante et touchante, une histoire plus complexe et profonde qu'il n'y parait avec comme fils rouges la question des origines et la nécessité, pour certain(e)s, de les fuir, de les transcender, de s'échapper de leur condition.

Valentine Goby est aussi à l'aise dans le récit purement romanesque agrémenté de détails passionnants que dans l'analyse des sentiments, des non-dits, des esquisses de gestes, de regards. C'est passionnant, juste, sensible sans mièvrerie.

Je ferai 3 petits reproches toutefois (mais vraiment mini pour chipoter car, au fond, ça ne m'a pas gênée) :
- certains dialogues sont trop écrits et sonnent faux notamment dans la bouche d'une gamine sans culture de 16 ans,
- parfois on sent le travail de recherche sur des points certes passionnants mais sur lesquels l'auteure appuie un peu trop (mais j'imagine que c'est difficile de renoncer à relater une anecdote historique intéressante quand on s'est documenté),
- le parti-pris des trois rêves de la fin du roman peuvent agacer certain(e)s.

Quelques extraits

Extrait cité par Lily
- Satie. Satie vous ira bien. Gymnopédies. C’est un balancement continu, lent. La mer est calme, sombre. Aucun enfant ne joue sur ce sable, il fait froid. Ou bien il est trop tôt le matin. Ou c’est l’heure du dîner. Peut-être un enfant joue-t-il, mais seul. Il tient un cerf-volant qui tombe sans cesse. Ou bien il ramasse des coquillages dans un seau, figure isolée, courbée sur le sable beige. Non, la plage est vide. On marche contre le vent sur cette plage, à l’oblique du sol, les yeux plissés, les mains dans les poches. Pas de bateau à l’horizon, ni gros ni frêle. Sur la mer de Satie, pas un bruit. Pas de cris d’enfants, pas de baigneurs, pas de machines. Le vol souple, solitaire, d’un ou deux oiseaux blancs, comme on en voit sur les cartes postales. On est seul sur le rivage, entre l’eau et le ciel. »« Le piano n’a pas de frontières. »

4e de couverture
Nous marchons, suivies par la foule, têtes rasées parmi les décombres de l'avenue janvier, de la rue Saint-Hélier dévastée, criblée de béances et d'immeubles en ruine, pendant des semaines c'étaient des gravats enchevêtrés de poutres, de meubles brisés, chambres, cuisines, salles à manger réduites en poussière, éclats de verre, j'imagine que c'était comme ça, tout est déblayé et vide maintenant, je trébuche sur des souvenirs que je n'ai pas, les bombardements ont eu lieu sans moi, j'étais terrée dans un couvent mais je sais tout, ils m'ont lait ce que la guerre leur a fait.
Un large extrait chez l'éditeur ici

Conclusion

Sans doute le meilleur roman français que j'ai lu en 2010 (qui n'est pas achevée, certes). Un livre magnifique et fort bien écrit qui m'a donné envie de lire tout Goby comme j'ai envie de lire tout Ernaux et tout Cusset.

lundi 26 avril 2010

Une mort irrégulière (Béatrix Beck)

Bonjour à celles et ceux qui aiment la petite musique doucement violente de Béatrix Beck
Bonjour aux zotres


J'apporterai ce très bon livre au DLE de ce soir.

Le sujet

Pendant la seconde guerre mondiale, Barny se réfugie dans les Alpes avec sa fille. C'est là qu'elle apprend la mort de Vim son mari juif apatride et miulitant communiste enrôlé dans l'armée française. Saura-t-elle ce qui est vraiment arrivé ?

Mon avis

Le talent de Béatrix Beck est de savoir décrire en peu de mots et beaucoup de finesse l'ambiguité et la violence des sentiments. Après "Léon Morin prêtre" et les recueil de nouvelles "Le recensement", Une mort irrégulière est le 3e roman de Beck que je lis et certainement pas le dernier.

Quelques extraits

Barny entra comme modèle à l'école d'art industriel. Derrière un paravent, elle ôtait rapidement sa robe noire, son linge usé, et paraissait nue sur l'estrade, portant seulement son alliance, petit bouclier. Garçons et filles, fermant un oeil, la mettaient en joue, pauvre gibier, avec leurs crayons. Ils dessinaient des femelles auxquelles Barny se sentait étrangère, répétant en son for intérieur : "je ne vous suis rien, je ne vous suis rien".
Au pilori, elle exhibait son corps, terre de Vim, son vetre où s'était tramé un nouvel être, ses seins dont avaient coulé le colostrum et le lait. Elle pensait à l'écorché de Bar-Le-Duc, tendant vers le ciel son coeur Elle revoyai des gisants, et le squelette de la salle d'histoire naturelle, au lycée. Ces adloescents se contentaient de peu, reproduisant la marionnette de chair, sans apercevoir les dieux qui l'animaient. (P.99)

Tu désirais la guerre, tu te trouvais dans le bonheur comme une bête au piège. Bouddha a dit : "Un seul ne peut être heureux si tous ne sont heureux". Le Christ va plus loin, il nous ordonne de souffrir. Bonheur, état des animaux repus. L'homme heureux manque sa destinée Tu aimais Vim comme tu aurais pu en aimer un autre, mille autres. L'amour n'est qu'une approximation. Aucun être n'a été conçu spécialement à l'attention d'un autre. (P.118)

Conclusion

Une auteure à (re)-découvrir absolument

vendredi 19 mars 2010

Défi mars 2010 (défi blog)

Bonjour à celles et ceux qui tiennent un blog
Bonjour à celles et ceux qui en tiennent plusieurs
Bonjour aux zotres


Source du dessin

Comme mon fidèle lectorat le sait, je pars à Singapour demain soir. Il fallait donc que je trouve pour ce mois de mars, un défi réalisable à distance et j'ai tout naturellement que le moment était idéal pour lancer un défi blog ! Vous avez donc le choix entre deux défis possibles. C'est vous qui décidez et moi qui exécuterai !

1 - Défi répertoire
Si vous choisissez cette option, je m'engage à ce que d'ici fin mars la mise à jour de mon général répertoire des auteur(e)s soit achevée. Il est un peu en chantier en ce moment il doit en outre être alimenté avec mes lectures des 4 derniers mois de 2009 et des 2 premiers mois de cette année (le répertoire janvier et février 2010) n'est pas encore fait.

2 - Défi brouillons
Si vous choisissez cette option, je m'engage à rédiger d'ici fin mars quelques messages évidemment passionnants et dans mes brouillons de blog depuis des lustres (j'en ai actuellement 133 en stock)...
a) la suite de ma réponse à l'épineuse question "
Faut-il coucher le premier soir ?"
b) la suite de mes
zaventures diverses et variées sur le net
c) mon top 9 musical de l'année 2009 (sur le même principe que mon
top 9 musical 2008)

A vos votes dans la colonne de gauche !

vendredi 12 mars 2010

Dans un livre cochon (tout est bon)

Bonsoir Liliba
Bonsoir Daniel
Bonsoir TdE
Bonsoir les zotres


Il y a quelques heures, Mister TdE m'expliquait de façon fort convaincante que pour développer sa visibilité sur le net, il fallait citer les zotres (je ne fais que ça à longueur de temps !!!) et soigner ses titres et ses mots clefs (si le mot "cochon" ne me rapporte pas de trafic c'est à désespérer).

Pour parfaire la mise en pratique de mes récents acquis sur le développement de ma marque personnelle d'une part et ma culture littéraire d'autre part, j'ai décidé de participer au challenge San A et à la lecture commune des cochons sont lâchés (ce titre à lui seul est certainement un booster de fréquentation) avec
Liliba et Daniel (quand je vous disais que je passais mon temps à citer les zotres).

Or donc, nous nous sommes dit comme ça qu'un plan cochon à 3 (là, ça sent l'explosion de compteur, non ?) c'était sympa mais qu'à plus de 3 se serait encore meilleur !


J'espère que d'autres nous rejoindront pour participer à cette lecture commune tout en sachant, j'insiste, que les "très bons" San A sont ceux des années 40, 50, 60 et 70 et qu'après ça dérape un peu voire beaucoup (j'en ai lu un récent qui était plus réactionnairement nauséabond qu'un épisode lambda d'une série avec Chuck Norris).

De mon côté, j'ai décidé de relire le premier opus de la série culte des 4 Kaput, l'histoire, bien avant Dexter, d'un tueur attirant (mais pas en série). C'est noir, c'est polar, c'est violent, c'est argot, c'est culte (déjà dit mais tellement vrai !).

vendredi 5 mars 2010

Ida et La comédie bourgeoise (d'Irène Némirovsky)

Bonjour à celles et ceux qui participent au challenge 2 euros de Cynthia
Bonjour aux zotres


Grâce à vous, j’ai achevé mon challenge littéraire 2009 en force et en beauté en compagnie de 2 excellentes nouvelles signée Irène Némirovsky dont j’avais déjà lu (et beaucoup aimé) un très court roman intitulé Le Bal. Il ne fait aucun doute pour moi que je lirai bientôt (mais quand ? Suspens...) Suite française (prix Renaudot 2004).

Le sujet de Ida

Ida Sconin est une meneuse de revue célèbre dont l’âge se murmure avec une admiration mêlée d’une ironie malveillante. Il devient de plus en plus difficile pour Ida de faire illusion face aux jeunes femmes dénudées qui l’entourent sur scène…

Le sujet de La comédie bourgeoise

Une jeune fille joue du piano et, au fil des pages, quelques instantanés elliptiques suffisent à résumer sa vie dramatiquement prévisible.

Mon avis

Si j’ai aimé Ida, j’ai encore plus apprécié La comédie bourgeoise qui, pour moi, constitue un véritable tour de force et, en lisant cette seconde nouvelle, j’avais quasiment l’impression de regarder un court-métrage au scénario et au montage habiles où le réalisateur utiliserait le procédé de l’avance rapide pour se focaliser sur certaines scènes clefs de l’existence toute tracée (et somme toute vide) de Madeleine.

Le texte de Némirovsky est formidablement visuel, cinématographique, vivant. J’ai été bluffée et durablement marquée par l’âpreté sans concession du constat social. Outre qu'elle démontre le talent évident de l’auteure, son habileté à décrire les renoncements, la soumission à l’ordre établi, la nouvelle suinte avec force et élégance une tristesse désabusée non dénuée d’une pointe de cynisme cruel.

Le propos est assez similaire dans Ida mais Némirovsky se sert ici de flashbacks pour nous dévoiler peu à peu la vie de son personnage et nous faire comprendre sa volonté de fer, son incroyable ténacité et ses secrets enfouis. A l’inverse de Madeleine, Ida a choisi son destin mais là encore, à la lecture, le sentiment de gâchis et d’inéluctabilité dominent.

Finalement, ces deux nouvelles constituent deux portraits de femmes en apparence fort dissemblables mais elles décrivent un même malheur, une commune douleur face à la vieillesse. L’une a raté sa vie avec éclat, noyée dans les paillettes et consumée sous le feu des projecteurs, l’autre tout en silences, renoncements et discrétion.

2 extraits de Ida
(impossible de livrer un extrait de La comédie bourgeoise car sorti du contexte général et du rythme si particulier du texte, ils ne présentent pas d'intérêt)

Ida soupire. Ses doigts crispés se détendent, glissent sur le drap de soie. Heureuse encore d’être couchée seule dans ce lit, sous le dais rose et or !... Il n’y a pas si longtemps qu’elle peut se permettre le luxe de s’endormir ainsi, sachant qu’aucun visage d’homme, au réveil, ne se tournera vers elle pour lui prendre un baiser. L’amour est bon, reposant ; car sa douce fatigue fait oublier tant de choses… Ainsi les garçons qu’elle paie savent caresser et se taire, et elle ne leur demande rien d’autre. Mais les amateurs, songe-t-elle avec une sombre gaieté, et les vieux amis qu’elle ménage, qui viennent parler entre ses draps de leurs affaires, de leurs ambitions, des regrets du passé, de leurs vains désirs, quelle plaie !...
- Et cependant, songe-t-elle, cette gymnastique sans plaisir, cela vaut mieux encore que l’amour véritable… (P.28)

(…) l’homme fatal, le « vamp » masculin. Entre les femmes innombrables qu’il prenait et lâchait tour à tour, moi seule, sans doute, ai su exactement lui donner la qualité de souffrance qu’il désirait… (P.35)

Conclusion

Deux pépites brutes et dures, deux bijoux plein de finesse et de sensibilité, deux grands moments de lecture.

lundi 1 mars 2010

L'auteure de mars (Beck, Cusset, Gille)

Bonjour Béatrix
Bonjour Catherine
Bonjour Elisabeth
Bonjour aux zotres


Comme je devais partir à Singapour samedi soir (le vol a sûrement été annulé à cause de la tempête), j'avais préparé une sélection constituée de poches légers à emporter (on n'a droit qu'à 20 kg de bagages !) et à propos desquels je n'ai rien trouvé (ou presque) via l'outil de recherche de Mister Calepin. Mon départ étant repoussé au 20, n'en prendrai qu'un parmi les 3 mais lequel ? En attendant de la savoir, je ne vais lire que des grands formats !


Béatrix Beck
Une mort irrégulière

Il ne faut surtout pas oublier Beck ! D'elle j'ai lu (et adoré) un recueil de nouvelles intitulé Recensement et surtout son magnifique Goncourt Léon Morin Prêtre. J'avais en revanche abandonné au bout de 20 pages un autre roman au style très déroutant dont j'ai oublié le titre.

4e de couverture
Barny, jeune intellectuelle, a épousé Chaïm, apatride, juif et militant communiste. Elle en a une petite fille, France. Nous sommes en 1940. Chaïm est mobilisé dans l'armée française. Barny et sa fille vivent très pauvrement dans les Alpes. Chaïm vient en permission. Il se sent menacé, car il a découvert qu'il figure sur une " liste noire ". Il retourne à l'armée, et, bientôt, Barny apprend sa mort. Crime ou accident ? Barny saura-t-elle jamais la vérité ? Tout est dit en quelques mots, comme une confidence faite les dents serrées, et cela suffit pour que nous fassions nôtres les joies et les malheurs de Barny.


Catherine Cusset
En toute innocence

Cusset souffle le chaud et le froid : si j'ai adoré A vous et surtout Le problème avec Jane (culte !), j'ai détesté Jouir (pourtant quel beau titre !) et Les (stupides) confessions d'une radine . Quant à La haine de la famille, je l'ai trouvé aussi intéressant qu'irritant.

4e de couverture
Sur un ton innocent et pervers, Marie raconte sa vie entre douze et vingt ans.Huit années défilent à toute allure, scandées par des amours qui ont nom tour à tour Jean, Bruno, David, Sebastian, Walter. Marie découvre le monde et pose des questions simples : Comment peut-on être vierge à vingt ans ? Comment peut-on ne pas parler anglais ? Comment peut-on ne pas devenir folle ? À trois reprises, dans la vie de Marie, l'amour rencontre la mort. Trois cadavres jalonnent le récit des passions enfantines.Trois notes aiguës, les trois temps d'une valse aberrante.


Elisabeth Gille
Un paysage de cendres

Je n'ai jamais rien lu d'Elisabeth Gille. La période de l'enfance ne m'intéresse pas forcément sur le plan littéraire mais celle de la guerre si ! Alors l'enfance dans la guerre, pourquoi pas ?
Grand prix des lectrices de Elle 1997.

4e de couverture
Léa et Bénédicte ont cinq et sept ans lorsque les hasards de la guerre les jettent dans un même pensionnat bordelais. L'amitié qui les lie aussitôt «à la vie, à la mort» les aide à s'évader dans un monde enfantin, loin des violences adultes. Seule la conscience du danger les empêche de se confier un lourd secret : celui de leurs parents disparus. A la Libération, tout s'éclaire pour l'une, tout s'obscurcit pour l'autre, que rien ne va détourner de sa quête de vérité. Bénédicte se battra pour que l'avenir de Léa retrouve figure humaine. Mais quand on a détruit l'identité d'un enfant, saccagé sa conscience et dévasté son imaginaire, peut-il renaître de ses cendres ?

Le cran d'arrêt (d'Emanuèle Bernheim)

Bonjour aux femmes équilibrées
Bonjour à celles qui le sont moins
Bonjour aux zotres


Dans quelques heures je mettrai en ligne ma sélection pour le challenge de lecture de mars.


Ainsi en avez-vous décidé, plutôt que Jane Austen ou Valérie Tong Cuong, en février je devais lire Le cran d'arrêt d'Emmanuèle Bernheim fascinant petit livre pour lequel je n'ai trouvé aucune autre critique sur la blogosphère.

Le 4e de couverture de Philippe Sollers

Une jeune femme a l'habitude de porter dans son sac un couteau à cran d'arrêt.Un soir, en rentrant chez elle, elle s'aperçoit qu'il est couvert de sang. Que s'est-il passé ? A-t-elle cédé à l'envie sombre qui l'habite de poignarder un homme, au hasard, dans le métro ? Là, tout à l'heure, dans la bousculade ? L'a-t-elle tué ? Simplement blessé ? Elle mène l'enquête. Qui est cet inconnu ? Qu'est-il devenu ? Le lecteur, comme elle, va de surprise en surprise. N'en disons pas plus pour ne pas gâter son plaisir. Premier roman d'Emmanuèle Bernheim, ce livre s'impose d'emblée par l'intensité de son sujet et la force rapide de son écriture. Une femme n'a sans doute jamais écrit aussi durement, implacablement, de façon si fascinante et drôle, la guerre des sexes et le trouble malentendu d'où elle vient.

Mon avis


Il y a quelques mois, j'ai lu un très mauvais livre de Tatiana de Rosnay intitulé Spirales (sorti en 2004) et, en lisant Le cran d'arrêt (datant de 1985), je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle entre les deux romans... A ceci près que là où Rosnay se plante lamentablement, Berheim réussit par je ne sais trop quel miracle à créer une atmosphère délétère et envoûtante qui nous attache au récit dans lequel j'ai retrouvé les mêmes ingrédients qui, sur le fond comme la forme m'avait fait apprécier Sa femme autre roman de l'auteure dévoré fin 2008.

Emmanuèle Bernheim s'attache aux détails, aux signes qui mieux que des explications plaquées et démonstratives, nous permettent d'imaginer d'anciennes blessures et des fêlures latentes enfouies sous les non dits de cette femme, sous l'absence de soin qu'elle porte à son apparence et à son appartement, sous l'absence de liens avec ses collègues, avec la gent masculine.

Une fois de plus Bernheim dresse avec finesse et émotion un intéressant portrait de femme angoissée, silencieuse et dépendante. Certain(e)s seront peut-être déstabilisé(e)s par les imprécisions du récit mais ils font selon moi partie intégrante de la fascination qu'il peut exercer sur celles et ceux qui creuseront entre la les mots pour imaginer à leur guise les failles des personnages... et compléter celles (volontaires) du récit.

Un extrait

Elle resta toute la journée immobile sur sa chaise, flairant parfois sur ses doigts l'odeur de leur nuit. Il fallait à tout pris qu'elle trouvât quelque chose. Il ne pouvait pas la quitter. Elle avait besoin de lui. Elle respirait l'air que ses grands gestes dégageaient, elle mangeait sa cuisine et dormait enfouie dans sa chair. Cécil était partout. Dans les coussins gonflés du canapé, dans la blancheur du lavabo, dans le sucre des fruits, dans la fraîcheur du vin, partout. Sans lui, il n'y aurait plus rien. Elle ne respirerait plus, ne mngerait plus, ne dormirait plus. Il y aurait une table vide, des coussins tout tassés, et le silence. Et puis des yaourts périmés et des cendriers pleins, des vêtements sans couleur et des talons usés, de la poussière et des doigts sans odeur. Les verres laisseraient des ronds sur la table basse et il n'y aurait plus ni sucré ni salé.

Conclusion

124 pages délicates et délectables.

mercredi 10 février 2010

L'auteure de février (Austen, Bernheim, Tong Cuong)

Bonjour Jane, Valérie, Emmanuèle
Bonjour les zotres

En février, je lirai un de ces 3 livres. A vous de choisir lequel en votant dans la colonne de gauche.

Lady Susan
Jane Austen


Je n'ai jamais rien lu d'Auten. J'ai vaguement tenté celui-ci l'an passé mais faute de motivation j'ai dû abandonner vers la 5e page sans avoir compris grand chose. Les avis abondent sur la blogosphère : négatif chez
Pink Canary et chez Praline et positif chez Lou et Malice, sur Rue de Siam et sur Les livres de Georges Sand et moi et plein d'autres blogs.

4e de couverture
Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question. Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.


Le cran d'arrêt
Emmanuèle Bernheim


De l'auteure j'ai lu et aimé
Sa femme. Bizarement, je n'ai trouvé aucun avis sur la blogosphère. Ca serait peut-être l'occasion d'en rédiger un ?

Le 4e de couverture datant de 1985 est signé Philippe Sollers
Une jeune femme a l'habitude de porter dans son sac un couteau à cran d'arrêt.Un soir, en rentrant chez elle, elle s'aperçoit qu'il est couvert de sang. Que s'est-il passé ? A-t-elle cédé à l'envie sombre qui l'habite de poignarder un homme, au hasard, dans le métro ? Là, tout à l'heure, dans la bousculade ? L'a-t-elle tué ? Simplement blessé ?Elle mène l'enquête. Qui est cet inconnu ? Qu'est-il devenu ? Le lecteur, comme elle, va de surprise en surprise. N'en disons pas plus pour ne pas gâter son plaisir.Premier roman d'Emmanuèle Bernheim, ce livre s'impose d'emblée par l'intensité de son sujet et la force rapide de son écriture. Une femme n'a sans doute jamais écrit aussi durement, implacablement, de façon si fascinante et drôle, la guerre des sexes et le trouble malentendu d'où elle vient.


Noir dehors
Valérie Tong Cuong


Je m'attends à un livre très sombre et rock and roll (après tout l'auteure est aussi musicienne).
3 extraits sur
Le monde virtuel
Premières pages du roman
Revue de presse élogieuse mais forcément biaisée car officielle

Présentation de l'éditeur
Une nuit étouffante d'août à New York : soudain l'obscurité. L'électricité coupée par une panne complète dont on ne sait rien, la ville qui ne dort jamais devient un dortoir sauvage dans la pagaille. C'est une nuit hors du temps où deux hommes et une femme vont lier leurs différences, sortir d'eux-mêmes, quitte à risquer, à jouer, perdre ou gagner leurs vies. Ce sont des solitudes extrêmes qui vont s'entrechoquer. Il y a d'abord Naomi, la si jolie « pute à crack » enfermée dans un bar clandestin, chancelante et affamée de curiosité, sur laquelle veille jalousement l'énigmatique Bijou. Il y a Simon Schwartz, l'avocat médiatique, claudiquant du 36ème étage de sa tour abandonnée jusqu'au bas de la ville, monarque sans couronne, salaud qui cherche sa rédemption, et la trouvera dans les bras d'une femme qu'il n'a jamais possédée, et qui lui échappe toujours. Il y a Canal l'érudit en arts martiaux, Canal ainsi baptisé depuis qu'on l'a trouvé nourisson abandonné sur le trottoir de Canal Street à Chinatown, et que l'incendie du magasin où il travaillait sans relâche, a de nouveau jeté à la rue... En monologues nerveux, en glissements progressifs vers la folie ou la rédemption, en aperçus de leurs âmes agitées, nos personnages vont s'ouvrir à la liberté dans la nuit new yorkaise, hors de leurs limites, et se réveiller différents. Valérie Tong Cuong a superbement réussi ce roman choral, « short cuts » d'une visite dans les ténèbres.