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mardi 29 mai 2012

Quiz (8 mai 45)

Bonjour à celles et ceux qui aiment les quiz
Bonjour à celles et ceux qui aiment la paix

Bonjour aux zotres

A une époque pré-bloguesques, je concoctais régulièrement des quiz thématiques sur Yahoo Groupe et puisque mai s'achève et que c'est un mois de célébration de la fin de la seconde guerre mondiale, voici les 20 questions d'un Quiz 8 mai 45. Il n'y a rien à gagner en dehors du fait de tester ses propres connaissances et souvenirs pour celles et ceux que ça amuse et, peut-être aussi, de la curiosité de découvrir des livres pas encore lus et des films pas encore vus.
Il n'est pas très diffi-Cécile et, à mon avis, les réponses vont vite arriver en commentaire.

QUIZZ LITTERATURE

01 - Un des castings les plus impressionnants du cinéma français pour un film incontournable tiré d'un livre éponyme plus incontournable encore sur la Libération de Paris...

02 - Journaliste et écrivain ayant rejoint les FFL de de Gaulle après avoir été correspondant de guerre et résistant. Il est également l'auteur du "Chant des Partisans", véritable hymne de la résistance. Il fut aussi engagé volontaire (mineur) pendant la première guerre mondiale et académicien français. Son livre sombre rédigé à Londres en 1943 connut une adaptation cinématographique talentueuse et très dure en 1969.

03 - Le titre de cet ouvrage d'historien (qui consacra notamment 10 tomes à la vie des français sous l'occupation) est la date de l'allocution radiophonique la plus célèbre de l'histoire de France dont il ne reste pourtant aucun enregistrement !

04 - Résistant, homosexuel, journaliste, écrivain, critique cinéma reconnu, suicidé. Il appelait Audiard "le Marivaux de Bistrot" qui le traitait en retour de Goncourt F.F.I. ce qui n'était pas dénué de fondement puisqu'il avait effectivement obtenu ce prix à 26 ans pour un récit de souvenirs de guerre.

05 - Lui aussi s'est suicidé mais lui, le Goncourt, il l'a eu deux fois, une fois avant et une fois après ce roman qui outre ses souvenirs de guerre d'aviateur raconte une étrange relation avec sa mère, notamment épistolaire. Le rôle de cette femme fut joué par une future femme politique dans un film réalisé par son mari.

06 - Un Prix Goncourt dont l'auteur, à l'oeuvre très éclectique, participa à l'adaptation cinématographique. Il signa également d'époustoufflantes mémoires apocryphes d'un officier S.S. en charge de l'application de la solution finale.

07 - La 2e guerre mondiale vue par un enfant Lyonnais d'origine juive italienne. L'auteur a 11 ans en 1939 et décrit ses souvenirs autobiographiques en faisant évoluer son style et et son récit du simple constat insouciant de l'enfant au début de la guerre à l'analyse froide et lucide de l'adolescent débrouillard pendant l'occupation.

08 - Ancien ministre de la culture espagnol, Partisan et communiste (exclu du parti pour "divergence" dans les années 60), scénariste pour des films de Costa Gavras notamment, son livre a reçu différents un demi siècle plus tard. Il relate les mois qu'il a passé à Buchenwald à "vivre sa mort" puis au long des années ses difficultés à "vivre sa vie", son rapport à la littérature et son incapacité à "dire cette mort vécue"

09 - Un de mes livres préférés écrit clandestinement par un correspondant de guerre Italien envoyé sur le front de l'Est, ce livre raconte avec un talent littéraire immense les scènes "baroques, atroces et somptueuses" (dixit le 4e de couverture) dont il fut le témoin.

10 - Du même auteur, en quelque sorte la suite du précédent ouvrage, sur le plan chronologique tout au moins. Celui-ci raconte avec plus de férocité encore le débarquement américain à Naples en 1943 et les problèmes suscités par leur présence en Italie. Un portrait cynique et ambigu de libérateurs qui prend un relief intéressant dans le contexte actuel.

QUIZZ CINEMA

(A noter, 2 des films de ce quizz sont tirés de 2 livres du même auteur)

01 - Ce film tiré d'une pièce de théâtre est dédié à Louis de Funès qui devait jouer le rôle titre. On peut y voir notamment un super héros complètement folle, des mouillettes pour oeufs d'autruche à la coque, le demi frère d'Hitler chanter du Julio Iglesias ou un pastiche de l'émission "les dossiers de l'écran". Bref un délire culte.

02 - Brigitte Bardot et Marina Vlady ont refusé le rôle principal féminin le jugeant trop court et c'est finalement une inconnue (néanmoins maîtresse du producteur) qui en hérita. Indépendamment de cette anecdote, un des castings les plus impressionnants du cinéma mondial pour un film incontournable ayant nécessité 4 réalisateurs et 10 mois de tournage. Ce film volontairement tourné en noir et blanc a été bêtement colorisé à l'occasion du 50e anniversaire de l'événement qu'il relate. Cette nouvelle version n'est plus en cinémascope et certaines scènes, amputées, y perdent tout leur sens. A voir absolument et bien sûr dans la version initiale.

03 - 35 ans plus tard le même événement est traité avec tant de réalisme pendant la première demie-heure de ce film qu'elle est déconseillée aux plus sensibles et qu'une assistance psychologique est proposée aux vétérans à la sortie de certaines séances. Un critique américain avait écrit "après ce film on ne pourra plus jamais faire la guerre"... Comme quoi on peut se tromper parfois !

04 - Le titre original de ce film est un hommage à la compagnie d'infanterie dans laquelle son réalisateur américain combattit en Afrique du Nord et en Europe. Des années plus tard il raconte le destin de 4 soldats dans un film présenté au festival de Cannes

05 - Un duo de monstres sacrés et une valise remplie de cochon sont les protagonistes de ce "road-movie noctambule" qui imortalisa le nom de Jambier...

06 - César du meilleur scenario 2002 pour ce film qui dénonce le silence du Vatican à propos de l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale

07 - Quelques années après avoir obtenu la Palme d'Or ce réalisateur présente un nouveau film (pour lequel Costa Gavras avait été pressenti) qui obtiendra en fait 3 Césars dont celui du meilleur film et qui fera perdre énormément d'argent à son producteur/acteur principal qui y campe un homme sans scrupules qui achète au rabais les biens de familles juives cherchant à quitter la France avant d'être lui-même pris pour un juif.

08 - Un film traitant des liens ambigus du monde du cinéma avec l'occupant Allemand à travers les destins de deux hommes aux attitudes opposées.

09 - Le record du cinéma français au box office (ce quiz a été conçu avant le navrant Bienvenue chez les Chtis)

10 - Ce film relate une opération menée par le Général Montgomery en septembre 1944 sur le Rhin contre l'avis de Patton et qui s'avéra désastreuse coûtant la vie à 17.000 soldats alliés. Ce film reçut plusieurs British awards

jeudi 3 février 2011

Le discours d'un roi (le vrai)

Bonjour à celles et ceux qui écrivent des discours
Bonjour à celles et ceux qui les prononcent
Bonjour aux zotres


Avant ou après avoir vu le film...


Le site de l'INA permet d'écouter le début du discours prononcé par George VI à la veille de la seconde guerre mondiale. Emouvant.

Autres messages liés au film Le discours d'un roi sur ce blog
L'annonce des 12 nominations aux oscars ici
La bande annonce ici
Ma critique élogieuse du film vu en avant première ici

samedi 11 septembre 2010

mercredi 14 juillet 2010

Jeu idiot de Juillet (Portrait chinois - Question 4/5)

Bonjour aux trouffion(ne)s de base
Bonjour aux gradé(e)s

Bonjour aux zotres

Vous noterez l'illustration parfaitement raccord avec le coup de pompe mis en ligne cette nuit et la question directement liée à la principale activité du jour (le défilé puisque la garden party est annulée).

Question 4/5 : si j'étais un(e) personnage militaire

La question 5/5 sera mise en ligne après-demain et vous pouvez bien sûr répondre aux 3 déjà en ligne (1/5 - 2/5 - 3/5).

vendredi 18 juin 2010

Les cadets (Fils de Charles et Marianne)

Bonjour aux cadets de la France Libre
Bonjour à leurs familles
Bonjour aux zotres


J'ai toujours cru que de Gaulle était littéralement amoureux de la France mais je ne savais pas qu'ils avaient eu des enfants... les cadets de la France Libre auxquels il vouait une véritable tendresse et à propos de qui il disait : "Les Cadets ! parmi les Français Libres, ces jeunes furent les plus généreux, autrement dit les meilleurs. Dans son chagrin, aux pires jours de son histoire, ils ont consolé la France."

Hier, ma soirée TV fut pour le moins contrastée : après un match de foot affligeant et des commentaires d'anciens champions du monde 98 déchaînés, j'ai regardé un documentaire réalisé par la fille d'un cadet ayant fuit l'Amérique Latine à 16 ou 17 ans pour rejoindre Londres puis l'école des cadets, incorporé ensuite à la 2e DB de Leclerc, ayant participé à la Libération de Paris et mort le 9 octobre 1944 quelque part dans l'est de la France.

Ils furent 350 adolescents, parfois âgés de moins de 15 ans, venant parfois de très loin (Polynésie, Liban, Afrique, etc.) et/ou ayant voyagé pendant des mois, connu les camps d'internement espagnols avant d'arriver à Londres pour répondre à l'appel du général de Gaulle. Tout d'abord parqués dans un camp scout car on ne savait vraiment pas quoi faire de ces gamins voulant se battre puis formés dans une école à Bewdley d'où sortirent 5 promotions de combattants farouchement patriotes et dramatiquement jeunes dont un quart (voire un tiers selon les estimations) périrent au combat.

Les témoignages d'octogénaires aux sourires lumineux que j'ai entendus hier étaient bouleversants. L'un d'eux a expliqué qu'ils vouaient tous à de Gaulle une véritable vénération et qu'ils auraient fait n'importe quoi pour lui pour peu qu'on leur demande. "On aurait tous traversé un mètre de flammes pour aller ramasser son mouchoir." Je le crois sans peine.

Ce papy était noir et à sa sortie de l'école des cadets où il n'avait connu que la fraternité et la ferveur, le sort a voulu que le navire où il avait embarqué passe par l'Afrique du Sud où, séparé de ses camarades, il connut la dureté de l'apartheid et l'internement dans un camp pendant plusieurs mois.

L'apartheid est un (mauvais) souvenir. La guerre aussi. Pourvu que ça dure.

Quelques liens sur le reportage et les cadets
Le reportage - France Télévision
Les cadets - Les cadets encore

La pelle du 18 juin (après le rateau du 17 !)

Bonjour à celles et ceux qui l'ont entendu
Bonjour aux zotres

En France, on a des zéros, mais on a aussi quelques héros.


Aujourd'hui, c'est le 70e anniversaire de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle dont on ne possède pas d'enregistrement !

On ne dispose que de sa retranscription par les services secrets (suisses je crois). L'enregistrement que l'on entend parfois date du 22 juin et le texte a été un peu modifié par rapport à la version initiale.

dimanche 6 juin 2010

D-Day (Jour J pour l'Europe)

Bonjour à ceux qui ont débarqué en Normandie il y a 66 ans
Bonjour aux zotres




Source de l'image - Pensée en ce jour anniversaire.

samedi 5 juin 2010

Blocus de Gaza (une des hontes pour l'humanité)

Bonjour aux habitant(e)s de Gaza
Bonjour aux zotres


J'ai cherché (et trouvé) une video qui parlait des civil(e)s, qui parlait des victimes de Gaza sans sensationnalisme ni gros plan de cadavres, qui montrait les conséquences du blocus, qui évoquait l'absurdité des tunnels. L'exportation du lien de cette video de l'AFP n'est pas possible. Il faut donc la regarder ici.

mercredi 19 mai 2010

Fortitude de Larry Collins (changera de mains lors du DLE du 20/05)

Bonjour aux mordu(e)s d'histoire
Bonjour aux gaga d'espionnage
Bonjour aux zotres

Larry Collins est le compère de Dominique Lapierre avec qui il écrivit notamment l'inoubliable "Paris brûle-t-il". Mon avis sur ce livre est positif malgré quelques petits regrets. Je l'apporterai au DLE de ce soir.


Le sujet

Chez les alliés, tout le monde est d'accord pour dire que le succès ou l'échec du débarquement ne se jouera pas le 6 juin 44 au matin mais 2 jours plus tard selon que les Allemands auront ou non déplacé toutes leurs troupes disponibles vers la Normandie. Chez les Allemands les avis sont partagés : les maréchaux pensent que le débarquement aura lieu dans le Pas de Calais, Hitler est convaincu qu'il se déroulera en Normandie, très précisément à l'endroit exact où il est survenu. Cependant, au fil des semaines qui précèdent le Jour-J, les Allemands vont s'interroger, douter, Rommel et von Rundstedt vont changer d'avis, s'opposer sur la stratégie à tenir et, au soir du 10 juin 44, Hitler va prendre exactement la décision que les anglais souhaitent qu'il prenne c'est à dire : aucune ou plus exactement, aucune en direction de la Normandie.
FORTITUDE raconte comment les services secrets anglais ont réussi à faire croire que le débarquement en Normandie était une diversion et qu'une armée fantôme d'un million d'hommes dirigée par le général Patton allait bientôt arriver par le Pas de Calais. Les moyens employés sont colossaux, complexes, pervers et parfois fort cruels mais la victoire était à ce prix. Au rappel de cette "grande histoire", FORTITUDE mêle le récit d'un des rouages de ce plan et le destin de quelques résistants secrètement sacrifiés.

Mon avis

FORTITUDE est un roman et, dans 3 pages de notes de conclusion, l'auteur explique que les 5 personnages principaux de son livre n'existent pas même si certains sont fortement inspirés de personnes ayant existé. Je pense qu'il vaut mieux avoir cela à l'esprit dès que l'on commence le roman.

Toutefois, cela n'enlève rien à la qualité historique du livre et oui, les anglais ont fait croire que des divisions entières de soldats US étaient stationnés en face du Pas de Calais, oui ils ont intoxiqué les Allemands grâce à des agents doubles et des faux renseignements filtrant de la résistance et de radio Londres, oui les Allemands ont fini par croire que le D-Day était un débarquement secondaire avant une offensive plus importante plus au Nord et Collins écrit page 653 :

Le 27 juillet 1944, presque huit semaines après le débarquement en Normandie, il y avait plus d'hommes, plus de chars, plus de pièces d'artillerie amassés derrière les fortifications du mur de l'Atlantique qu'il n'y en avait le jour J. La meilleure armée que l'Allemagne possédait, avec ses rangs intacts et ses canons muets, attendait toujours un débarquement qui n'aurait jamais lieu, figée sur place par une autre armée qui, elle, n'avait jamais existé.

Cependant, le problème que j'ai eu en lisant ce livre si précis, si bien documenté, si rigoureux dans l'exposition des faits est de ne pas savoir, bien souvent, où s'arrêtait l'histoire et où commençait la fiction et, dans le cas précis de ce livre, j'ai trouvé cela un peu dommage. J'aurais préféré que Collins se concentre uniquement sur les faits réels même si je comprends fort bien que le détour par le procédé romanesque peut fortement aider à les exposer clairement et à tenir le/la lecteur/trice en haleine. De fait, FORTITUDE se lit comme un polar, comme un thriller passionnant ce qui conforte d'ailleurs le sentiment ambigu ressenti.

S'il est un excellent journaliste et bon enquêteur, Collins s'avère un romancier, disons, moyen... Tous les délayages, notamment sentimentaux sont à la limite de l'improbable digne d'un roman à l'eau de rose et relativement mal écrits. De même certains apartés, péripéties et dîners londoniens parfaitement fictifs ne présentent aucun intérêt véritable pour l'intrigue. Ils ne font qu'alourdir un texte de 664 pages qui, je pense pourrait facilement en compter 100 de moins sans nuire à la qualité d'ensemble, bien au contraire.

Remarque

FORTITUDE a été adapté sous forme de téléfilm avec Richard Anconina. Force est de constater que cette version télé est édulcorée par rapport au livre.

Conclusion

Ce roman se dévore et fourmille d'anecdotes et de faits aussi incroyables que rigoureusement authentiques. FORTITUDE est donc une excellente entrée en matière sur le sujet et il réjouira aussi bien les mordu(e)s de Tom Clancy que les passionné(e)s d'histoire. Libre à celles et ceux qui souhaitent creuser le sujet de lire ensuite d'autres auteurs et d'autres sources non romanesques.

samedi 15 mai 2010

Si vous avez aimé (Johnny chien méchant)

Bonjour aux congolais(es)
Bonjour aux zotres


Johnny Chien méchant d'Emmanuel Dongala est un des 3 finalistes du prix Qd9 2010 dans la catégorie roman francophone.

Voici un moyen de prolonger cette lecture marquante en se plongeant dans la réalité de cette guerre. En partenariat avec L'Unicef 5 jeunes congolais ont recueilli des témoignages et apportent leur vision des ravages de la guerre qui a secoué leur pays. Le résultat est à voir sur le site du journal Le Monde.

La guerre en chantant (n°7/9)

Le déserteur - Boris Vian (1954)

Une chanson pacifiste triste et culte qui brava la censure et dont l'histoire est précisée ici et là.


samedi 10 avril 2010

Les dernières victimes (de Katyn)

Amitiés aux polonais(es)
Bonjour aux zotres


Quelques liens
la depeche.fr
Wikipedia

Pendant longtemps, les soviétiques ont entretenu le doute et réussi à faire croire que les massacres des officiers et intellectuels polonais survenus à Katyn (mais aussi à Miednoïe et Kharkiv en Ukraine), avait été perpétré par les nazis et ce n'est qu'à la fin des années 80 que la version officielle s'est craquelée et en 1990 que Gorbatchev a reconnu que c'est bien Staline qui avait ordonné ces exécutions.

Les nazis avaient découvert 4.500 corps dans les charniers de Katyn en avril 43. Tous avaient été exécutés d'une balle dans la nuque. La seule femme enterrée à Katyn est l'aviatrice Janina Lewandowska vraisemblablement executée le jour de son anniversaire le 22 avril 1940.

A l'occasion de la commémoration du 70e anniversaire de ce massacre, la forêt de smolensk a fait de nouvelles victimes polonaises ce matin.

mercredi 13 janvier 2010

Une pensée vers les Haitien(ne)s (et leurs cochons)

Courage aux haitiennes et aux haitiens
Bonjour aux zotres

Il y a quelques années, j'avais vu un reportage édifiant qui montrait comment la FDA (food & drugs administration) et le département de l'agriculture (USDA) avaient littéralement mis Haiti à sa botte en éliminant les cochons noirs (sous prétexte de risque de fièvre porcine) à la fois éléments de rite vaudou et source de nourriture pour une population d'une extrème pauvreté dont le cochon représentait souvent le bien le plus précieux (et utile !!!).

En quelques années et à coups de dollars pour faciliter les dénonciations de cochons, la USDA avait réussi à éliminer tous les cochons et à importer vers Haiti des cochons US qui ne se sont d'ailleurs pas du tout aclimatés (alimentation non adaptée et peau blanche fragile : les cochons sont avec les humains les seuls mamifères à prendre des coups de soleil). Du coup, les paysans ont commencé à déboiser massivement, perturbant l'écosystème et apauvrissant les sols et à pratiquer une agriculture irrationnelle qui a très rapidement érodé les terres dont beaucoup sont désormais incultes.

Le reportage expliquait (dénonçait) comment, en quelques années (4 ou 5 maximum, impressionnant...), la FDA a réussi à rendre Haiti quasi totalement dépendant de l'aide alimentaire internationale et notamment US. Et ne croyez pas que tout cela est dû à un malheureux enchaînement de circonstances liées à des précautions sanitaires... La fièvre porcine était un prétexte commode (contre lequel on peut d'ailleurs lutter sans abattage systématique surtout quand chacun possède 1 seul cochon qui ne risque donc pas de contaminer quelque autre porc que ce soit) qui a lentement et surement permis de programmer la dépendance d'Haiti.

Regardez où se trouve Haiti sur une carte, songez aux relations entre Cuba et les USA et vous comprendrez peut-être mieux comment on éradique les ressources alimentaires d'un pays et pourquoi on laisse crever de faim tout un peuple. C'est purement et simplement dégueulasse, odieux, révoltant.

Quelques liens

Historique de l'éradication porcine (sans référence aux arrières pensées politiques) ici et là avec infos sur la réintroduction récente d'une nouvelle race de cochons noirs résistants (un croisement guadeloupéen-basque-chinois).

jeudi 7 janvier 2010

La Vague (Todd Strasser)

Bonjour à celles et ceux qui préfèrent manger les moutons que les suivre et faire partie du troupeau
Bonjour aux zotres


Je veux lire La vague de Todd Strasser depuis un moment déjà et cette envie a été ravivée par la sortie du film qui en a été tiré l'an passé. J'ai noté que les avis sur ce livre trouvés sur la blogosphère étaient assez divergents et plutôt tranchés. Le mien le sera aussi.

Le sujet

Ce roman est tiré d'une expérience qui a été réalisée en 1969 dans une high school Californienne. Après avoir vu un documentaire sur les camps de concentration en cours d'histoire, les élèves ne comprennent pas comment la population allemande a pu laisser faire. Leur professeur d'histoire mène alors une expérience afin de tenter de leur faire comprendre les mécanismes qui poussent l'être humain à la passivité voire à devenir suiveur. L'expérience réussit vite et trop bien.

Mon avis

Que c'est mal écrit (limite niais) mais ça ce n'est pas grave à côté du reste.
Que c'est superficiel, que c'est plat, que c'est caricatural ! Pour moi ce livre banalise et édulcore à ce point ce qu'il prétend dénoncer. Je trouve lamentable pour ne pas dire inconséquent d'oser s'attaquer à un sujet pareil sans la moindre ambition et sans le moindre talent analytique. Ce livre est d'une médiocrité lamentable pour ne pas dire honteuse tant la gravité du thème aurait mérité précision, finesse, documentation, rigueur.
Il paraît que les élèves allemands lisent ça en cours d'histoire au collège : ce livre n'est absolument pas digne d'une telle responsabilité.

Quelques liens

Chez Calepin - Chez Jim et Dalva - Chez Duinhir
Quelques éléments d'analyse et des témoignages sur la Third Wave sur le site de Ron Jones, le professeur d'histoire responsable de cette expérience.

Conclusion

Un bien mauvais livre totalement bâclé. Ca m'énerve toujours beaucoup quand un livre traitant d'un sujet grave est raté à ce point. A mon avis, on n'a pas le droit de faire ça à l'histoire. C'est trop important.

mercredi 11 novembre 2009

11 Novembre (sans poilus)

Au revoir aux poilus
Bonjour aux allemands
Bonjour aux zotres

Le 11 novembre 2008, un hommage aussi appuyé que symbolique fut rendu à Lazare Ponticelli, le dernier poilu français décédé en mars. Les poilus sont définitivement enterrés. Cette année, la commémoration permit d'affirmer un peu plus la fraternité franco-allemande et c'est très bien ainsi.

Pendant 4 ans et demi : 900 morts par jour côté français, 1200 côté allemand. Rien à ajouter.

Quelques liens

Images de l'armistice 1919
ici
11 novembre 2008
ici et puis là
Quelques photos prises aux Invalides le jour de l'enterrement de Lazare Ponticelli
ici
In Flander's Fields le
11/11/07
Si je mourais là-bas de
Guillaume Appolinaire

lundi 9 novembre 2009

Vestiges (du mur de Berlin)

C'est beau un tag sur un mur pacifique devant lequel un virtuose (Mstislav Rostropovitch) joue tranquillement du violoncelle.





Ici un blog sur l'histoire du mur de Berlin avec photo, video (impressionnante reconstitution 3D).



Je n'en suis pas certaine mais je pense qu'il s'agit de Léonid Brejnev (ça OK) et Erich Honecker.
source de la photo

Ich bin eine Berlinerin (de l'ouest)

Bonjour aux berlinoises
Bonjour aux berlinois
Bonjour aux zotres


28 ans se sont écoulés entre la première et la 2e photo. Du 15 août 1961 au 9 novembre 1989, un mur a divisé une capitale et, par ricochet, l'Europe entière voire le monde.

Comme beaucoup, j'ai assisté quasiment en direct à la télévision à la chute de ce mur à la fois heureuse et subjuguée.

Je suis allée plusieurs fois en Allemagne notamment à l'époque où le pays n'était pas encore réunifié. J'ai vu la frontière entre la RFA et la RDA au nord du pays. Je ne suis jamais allée à Berlin et il me semble urgent de combler cette lacune géographique et culturelle.

Cette photo est sans doute une des plus célèbres et, pour moi, une de celles qui symbolise le mieux ce que fut ce mur :

C'est sûr, un jour (bientôt ?) moi aussi je prendrai cette photo.






Source des photos
A suivre (site scolaire)
Armées.com (très intéressant sur le plan historique)
Bernauer Strasse (une seule page consacrée au mur)
Le Vingtieme (un article sur la chute du communisme)
Tribune de Genève (avec une chronologie sur l'histoire du mur de Berlin)

jeudi 17 septembre 2009

Week-end à Zuydcoote (de Robert Merle)

Bonjour aux habitant(e)s de Zuydcoote
Bonjour aux zotres

Si j'ai bien compris quelques bribes de discussion famiale entendues quand j'étais enfant, un de mes grands pères était du côté de Dunkerque en juin 1940 et aurait fait partie des quelques 340.000 hommes embarqué vers l'Angleterre (opération Dynamo). A creuser...

Lors de sa sortie en 1964, le film Week-end à Zuydcoote d'Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo et Marie Dubois avait attiré quelques 3 millions de spectateurs et je ne doute pas que grace à ses nombreuses rediffusions télévisuelles, il est moins tombé dans l'oubli que ne le prétend à regret la critique que je viens de lire sur un site anglo-saxon consacré au cinéma français.

Combien de personnes savent que ce film est tiré d'un excellent roman de Robert Merle qui a connu la débâcle de la poche de Dunkerque et obtint le Prix Goncourt en 1949 en l'évoquant ?


Le sujet

Le livre et le film racontent par le petit bout de la lorgnette ces quelques jours de juin 1940 où les troupes françaises et anglaises massées sur les plages des environs de Dunkerque n'avaient qu'un hypothétique et périlleux embarquement pour la Grande-Bretagne comme seul espoir d'échapper aux allemands tous proches et à leurs bombardements incessants. Pour ces hommes acculés la guerre était finie et ils ne pouvaient qu'attendre, soit un bateau providentiel, soit la captivité, soit une mort inutile et absurde.


Mon avis

Dans une quasi unité de temps, de lieu et d'action (ou plutôt d'inaction) sur 250 pages, nous suivons 2 journées décisives de la vie de Julien Maillat, un homme presque ordinaire et pas forcément sympathique, découpée en 4 parties : samedi matin, samedi après-midi, dimanche matin, dimanche après-midi.

Plus que la peur et la colère, la lenteur, l'ennui, la résignation, la violence mais aussi une certaine tendresse suintent du style faussement simple de l'auteur, des mots, des remarques banales appuyées par de nombreuses répétitions volontaires, des situations absurdes, des observations de détails comme la tâche ronde laissée par un verre de vin rouge sur une toile cirée ou une robe qui se relève d'elle-même sur les cuisses d'une morte portée sur un brancard, faites sur le même ton factuel si bien qu'on se demande presque laquelle de ces 2 situations est la plus banale.

Bien sûr, le style a un peu vieilli (pas tant que ça en fait) mais Week-end à Zuydcoote est un livre émouvant et habile qui ne verse ni dans le pamphlet ni dans la sensiblerie facile. L'auteur parvient à écrire un roman fort et implacable sans chercher à ce que le lecteur s'attache aux personnages, pas forcément sympathiques, souvent mesquins et aucunement des héros, des hommes de passage regroupés là bien malgré eux dans une attente commune et aux vies tellement aléatoires qu'on imagine qu'en juin 40 non plus il était impossible de s'attacher à qui que se soit.

Petite précision : j'ai vu le film avant de lire le livre et cela n'a en rien diminué le plaisir que j'ai pris à ma lecture tant le roman est subtil et intéressant.

Quelques extraits

Sur sa droite, entre deux maisons détruites, Maillat remarqua dans un enclos un cheval mort. Il était étendu les quatre pattes en l'air, le ventre énorme. A quelques mètres de lui, deux autres chevaux se dressaient, immobiles. L'un d'eux était blessé à l'épaule. L'autre se tenait près de lui, croupe contre croupe, et de temps en temps lui léchait sa blessure. Tout à coup le cheval blessé leva la tête comme s'il allait se mettre à hennir. Sa gueule s'entrouvrit, mais aucun son ne sortit. Il agita alors la tête de droite à gauche, et Maillat vit dans un éclair ses yeux tristes et doux se poser sur lui. De nouveau, le cheval blessé leva la tête, puis il recula d'un pas, posa son museau sur l'encolure de son compagnon et ferma les yeux. Il resta ainsi quelques secondes, dans une attitude indéfinissable de lassitude et de tendresse. Ses pattes de derrière n'arrêtaient pas de trembler. (P.67)

- Il prend son thé
- Ah bon ! dit Maillat. Et pourriez-vous me dire quand il reviendra ?
- Il est parti il y a vingt minutes.
- Alors, il va bientôt revenir ?
- Oh ! non, le capitaine Feery ne prend jamais moins de 3/4 d'heures pour son thé.
- c'est un homme qui boit lentement.
- Je ne dirais pas cela, dit le tommy d'un air de réfléchir sérieusement aux données du problème. Je dirais plutôt que c'est un homme qui boit vite, mais qui mange lentement. (P.85)

A la fin ils pouvaient plus le piffer mon F.M. : ils ont même essayé de me le piquer, une nuit. C'est salaud, quand même, tu avoueras.
Il reprit d'un air rageur.
- J'serais même pas étonné, quand je les ai perdus, qu'ils aient fait exprès de me semer.
Maillat le regarda du coin de l'oeil. Il l'imaginait pendant les dix jours où il avait marché seul sur les routes, seul dans une cohue de soldats où il ne connaissait personne, dix jours sous un soleil de plomb, sous ce fourniment qui le tassait et le boudinait ridiculement, avec sa vareuse boutonnée jusqu'au col, son chandail, ses deux énormes musettes, ses molletières, et sur l'épaule, ses dix kilos de F.M. ! Et il avait cherché des cartouches pour continuer à tirer, et à chaque avion qui piquait sur la colonne, il avait lâché une rafale, sans que personne le lui commande, simplement parce que ça lui déplaisait, quand on lui tirait dessus, de ne pas répondre. Maillat regardait avec étonnement ce drôle de petit guerrier farouche qui continuait à faire la guerre, quand tout le monde y avait renoncé. (P.96/97)

Ils font les sucrés, comme ça, devant le monde, n'empêche que je les ai déjà vus, qui piquaient des alliances, en douce, aux macabs. Tu me diras, qu'est-ce qu'ils en ont à foutre, les macabs, de leurs alliances ? Je ne dis pas, mais c'est quand même pas une chose que je ferais. Les morts, c'est les morts, hein? Ils voient plus rien, ils sentent plus rien, les pauvres gars. D'accord et c'est pas la peine de la leur faire au respect, alors que tout ce qu'on va en faire, c'est de les foutre dans la glaise. Mais ce n'est pas une raison, non plus, pour leur piquer leurs alliances. C'est pas pour eux, tu comprends, c'est pour toi. C'est pour toi que c'est dégueulasse. (P.192)

Comme j'dis toujours : seize ans, ça va. Mais plus tard, c'est trop tard. Je sais ce que j'dis vieux. Une femme qui commence pas à seize ans, rappelle-toi que ça ne fera jamais une bonne baiseuse. Moi si j'étais ministre, je ferais des lois pour ça. Je leur ordonnerais, aux gens : "votre môme a seize ans ? Allez, A l'homme ! Et hop ! Tout de suite ! Pas de rouspétance ! Je sais ce que j'dis. Vieux, tu as de ces filles de bourgeois, si c'est pas malheureux, à 15-16 ans, elles jouent encore à la poupée ! Une poupée ?... Une poupée ?... C'est une grosse b..., oui, qu'il leur faudrait ! Et tout de suite ! Je sais ce que j'dis. Plus tard c'est trop tard. Ca fera jamais une bonne baiseuse, dis-toi bien. (P.194/195)


Quelques liens

Infos sur la bataille de Dunkerque ici et là et encore là
Le roman sur Wikipedia, sur Livrenpoche, sur A voir à lire
L'analyse de Jean-Christophe Rufin pour le site de L'express

Conclusion

Un livre à lire et ne surtout pas oublier de lire aussi, du même auteur, le chef d'oeuvre intitulé La mort est mon métier.

mardi 15 septembre 2009

Apocalypse (sur France 2)

Bonjour à celles et ceux qui ont vu le premier épisode
Bonjour à celles et ceux qui attendent les suivants avec impatience
Bonjour aux zotres

Parfois, la télévision est juste un divertissement et c'est déjà pas si mal. Parfois elle surprend, parfois elle émeut, parfois elle éduque, parfois elle témoigne et là, on se dit que c'est vraiment une des plus grandes inventions du 20e siècle. La série documentaire Apocalypse consacrée à la seconde guerre mondiale fait tout cela à la fois.

Même si je tique un peu devant une petite tendance à la scénarisation de certaines images (par exemple, sonorisation et commentaire plus interprétatif que factuel d'un passage où des soldats allemands écoutent un disque sur un phonographe abandonné sur la plage de Dunkerque par les alliés fuyant vers la Grande-Bretagne) et face à la colorisation systématique des images comme si nous étions désormais incapables de nous intéresser à un témoignage authentique non modernisé, j'ai trouvé que les deux premiers opus diffusés mardi dernier sur France 2 étaient remarquables.

Les deux épisodes qui seront diffusés ce soir seront sans aucun doute beaucoup plus durs à regarder car ils évoqueront le front de l'est, la politique d'extermination des juifs amorcée en Ukraine où ils sont systématiquement arrêtés puis assassinés, par balle d'abord puis gazés dans des camions, prémices de la mise en oeuvre de la solution finale.

A mon avis, ce documentaire magistralement commenté par Matthieu Kassovitz, est d'une qualité comparable à l'excellent et indispensable "De Nuremberg à Nuremberg". Je ne saurais trop vous conseiller de le regarder et de visiter les pages fort bien faites qui lui sont consacrées sur le site internet de France 2.




Apocalypse, la 2e Guerre Mondiale

René Char (nom de guerre Alexandre)

Bonjour aux documentovores
Bonjour aux poétophiles
Bonjour aux
WW2-addicted


J'aime beaucoup René Char (le poète, l'homme, le résistant) et la seconde mondiale me passionne. Le portrait de 60 minutes signé Jérôme Prieur et intitulé "René Char, nom de guerre Alexandre" avait donc tout pour me séduire.

Les longs plans fixes un brin tremblotants sont ennuyeux, la musique est glauque, le commentaire dit par Nathalie Richard est pompeux et monocorde. Le tout est prétentieux et soporifique. J'ai hélas décroché au bout de quelques minutes.

Quelques liens

Javais déjà évoqué René Char
ici.
La présentation faite de ce documentaire sur
Africulture et sur L'internaute est très alléchante.
On peut l'acheter en VOD
ici et en video ou en voir un extrait ici.