Bonjour à celles et ceux qui écrivent des poèmes
Bonjour à celles et ceux qui les lisent
Bonjour aux zotres
Hier, j'ai mis en ligne un message de 207 consacré au très court roman de Michel Quint Aimer à peine en précisant que j'avais découvert il y a une semaine seulement d'où venait son titre. Il est tiré d'un poème intitulé Marie que Guillaume Appolinaire a écrit en 1912 pour Marie Laurencin qui venait de le quitter après 5 années de liaison houleuse.
Je ne suis pas subjuguée par ce poème que je trouve quelque peu déséquilibré, désordonné, foutraque (voire incohérent) même si j'ai bien conscience que, dans une certaine mesure, c'est l'effet recherché. Je n'aime pas non plus la sonorité de certains passages et je trouve qu'il manque de rythme et d'euphonie. Du même auteur (qui n'est pas mon poète préféré), je préfère de très loin Si je mourrais là-bas.
Marie me laisse un sentiment d'inachevé, de remplissage forcé de certaines strophes (chose qu'on peut écrire sur un blog mais certainement pas dire lors d'un oral de bac !). A l'inverse, lorsque j'ai lu dans l'avion, isolées au début d'un roman :
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
j'ai failli tomber à la renverse (enfin c'est une image et heureusement que ça ne s'est pas produit car j'étais dans un avion en train de décoller... l'avion... enfin moi aussi, de fait, je décollais... bref, vous comprenez), bouleversée par la beauté des mots et la douloureuse délicatesse de cette déclaration. Ces vers se suffisent à eux-même. Tout y est dit. Cela dit, Appolinaire a tort, 1000 fois tort. J'y reviendrai quand je parlerai du magnifique roman où ils figuraient en exergue.
Marie
Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie
Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un coeur à moi ce coeur changeant
Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine.
Quelques bribes d'explication de texte
Forum études littéraires
Analyse bac français
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mardi 15 mai 2012
dimanche 12 décembre 2010
Alfred (de Musset)
Hommage à Alfred
Bonjour Juliette
Bonjour les zotres
Hier, on célébrait sans tambours ni trompettes le 200e anniversaire de la naissance d'Alfred de Musset dont j'ai eu la chance de découvrir de nombreuses pièces il y a quelques années grâce à l'intégrale de son oeuvre programmée au théâtre du Nord Ouest.
Si j'adore On ne badine pas avec l'amour (et la célèbre tirade de Perdican "tous les hommes sont ceci cela, toutes les femmes sont bla-bla-bla, mais c'est l'union de ces deux être si imparfaits, etc., etc.") et surtout Lorenzacio mais je vous conseille tout autant des oeuvres moins célèbres comme Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, Fantasio et tout le reste y compris ses poèmes si violemment romantiques.
Voici un sonnet qui n'est pas d'une franche gaité et qui s'intitule d'ailleurs tristesse. Musset, mort à 47 ans d'une vie d'excès, n'était pas réputé pour sa joie de vivre et son équilibre...
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
Bonjour Juliette
Bonjour les zotres
Hier, on célébrait sans tambours ni trompettes le 200e anniversaire de la naissance d'Alfred de Musset dont j'ai eu la chance de découvrir de nombreuses pièces il y a quelques années grâce à l'intégrale de son oeuvre programmée au théâtre du Nord Ouest.
Si j'adore On ne badine pas avec l'amour (et la célèbre tirade de Perdican "tous les hommes sont ceci cela, toutes les femmes sont bla-bla-bla, mais c'est l'union de ces deux être si imparfaits, etc., etc.") et surtout Lorenzacio mais je vous conseille tout autant des oeuvres moins célèbres comme Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, Fantasio et tout le reste y compris ses poèmes si violemment romantiques.
Voici un sonnet qui n'est pas d'une franche gaité et qui s'intitule d'ailleurs tristesse. Musset, mort à 47 ans d'une vie d'excès, n'était pas réputé pour sa joie de vivre et son équilibre...
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
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Autour des livres,
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jeudi 28 octobre 2010
Offrande (Anna de Noailles)
Bonjour à celles et ceux qui écrivent, lisent, aiment la poésieBonjour aux zotres
Quelques infos intéressantes sur l'auteure ici et là
Portrait datant d'avril 1913 signé Philip Alexis de Laszlô (1869-1937). Elle ressemble à Marie Trintignant non ?
Hier, j'ai évoqué ici même la comtesse Anna de Noailles (1876-1933) dont je venais de découvrir un poème. J'en ai cherché d'autres sur le net et je suis tombée à la renverse tant la forme et le fond me séduisent, me parlent, m'émeuvent.
J'ai tout naturellement choisi de mettre en ligne Offrande (publié en 1907 dans le recueil Les éblouissements) car le premier vers parle de livres et de (jeunes) hommes, deux de mes passions... Plus sérieusement, ce poème est d'une force incroyable qui, je pense, résulte de la sincérité évidente qui en émane. En outre, l'idée de morsure dans les mots qui me plait tant et dont j'ai parlé pas plus tard qu'hier est ici plus que suggérée : elle est clairement mentionnée à la fin du premier vers.
Il y a surtout deux passages que je trouve admirables voire bouleversants :
"Et mon cœur faible et doux, qui eut tant de courage
Pour ce qu’il désirait."
"Les plus humbles errants, sur les plus tristes sables,
N’ont pas les pieds si nus."
En fait, je suis tombée à la renverse en lisant ce poème car, loin de moi la prétention de me comparer à l'auteure, mais tous les thèmes évoqués dans ses vers me sont chers et j'aurais pu les écrire sur le fond, sur la forme c'est évidemment une autre histoire...
Offrande
Mes livres je les fis pour vous, ô jeunes hommes,
Et j’ai laissé dedans,
Comme font les enfants qui mordent dans des pommes,
La marque de mes dents.
J’ai laissé mes deux mains sur la page étalées,
Et la tête en avant
J’ai pleuré, comme pleure au milieu de l’allée
Un orage crevant.
Je vous laisse, dans l’ombre amère de ce livre,
Mon regard et mon front,
Et mon âme toujours ardente et toujours ivre
Où vos mains traîneront.
Je vous laisse le clair soleil de mon visage,
Ses millions de rais,
Et mon cœur faible et doux, qui eut tant de courage
Pour ce qu’il désirait.
Je vous laisse ce cœur et toute son histoire,
Et sa douceur de lin,
Et l’aube de ma joue, et la nuit bleue et noire
Dont mes cheveux sont pleins.
Voyez comme vers vous, en robe misérable,
Mon Destin est venu,
Les plus humbles errants, sur les plus tristes sables,
N’ont pas les pieds si nus.
— Et je vous laisse, avec son feuillage et ses roses,
Le chaud jardin verni
Dont je parlais toujours ; — et mon chagrin sans cause,
Qui n’est jamais fini...
mardi 10 août 2010
Calaferte (et l'été)
Bonjour à celles qui portent des robesBonjour à ceux qui les regardent
Bonjour à celles et ceux qui aiment Louis Calaferte
Bonjour aux zotres
J'aime Louis Calaferte d'une admiration profonde, littéraire, émue, troublée, instinctive, quasi-identitaire et totalement évidente comme l'est pour moi le fait d'aimer Paris et certains parfums. Ce n'est pas un hasard si je lui ai consacré 2 messages quelques jours seulement après le démarrage de ce blog donc un où vous pourrez lire deux extraits de romans et deux poèmes de l'auteur.
Il y a 2 jours, j'ai lu sur un blog un aphorisme vestimentaire qui m'a immédiatement fait songer à une phrase de Louis Calaferte que j'avais lu dans la formidable anthologie Choses dites organisée autour de la récitation des pronoms personnels et de la déclinaison des modes verbaux. J'en ai parlé dans cet autre message en citant quelques morceaux choisis dont la phrase à laquelle je fais référence plus haut. Elle m'avait tellement plu que je l'avais utilisée parmi d'autres mots de l'auteur pour une sorte de carte de voeux-florilège-accordéon que j'avais confectionnée pour mes ami(e)s il y a une quinzaine d'année.
Croquis de Christian Lacroix pour les costumes de l'Opéra Agrippina de Haendel.La phrase en question est "Elles lacent leur sensualité dans des frissons de robe". Apparemment, elle est extraite d'un poème que je ne connaissais pas et que j'ai trouvé sur le forum Grain de Sel sous le clavier de quelqu'un avec qui, à une certaine époque, j'avais l'habitude d'échanger virtuellement notamment à propos de littérature. Je ne résiste pas à l'envie poétique de le recopier ici et d'en ajouter un second qui pourrait presque être considéré comme une suite (ou une conclusion) du second.
Après-midi femelle
Elles lacent leur sensualité dans des frissons de robe.
Il y a les tissus-cuisses,
les tissus-seins,
les tissus-fesses,
les tissus-tailles,
les tissus-hanches,
les tissus-pinces,
les tissus de l’ampleur qui sont l’entrée promise,
il y a les durs tissus-pubis, carénés, ostensibles.
Elles sont l’oecuménisme des foules ;
faites pour être communiées,
conduites entre les glaives,
jugées et condamnées,
souffletées, flagellées,
bardelinées d’épines et cassées sous nos croix.
Elles sont le noir reflux d’une vieille démence.
Les dimanches de la Passion
Je les crucifie flegmatiquement dans mon oeil.
Hommes et femmesInsectes de familles différentes
Se croisant sur un brin d’herbe.
Quelques attouchements d’antennes,
Puis chacun repart de son côté.
samedi 24 juillet 2010
Jalouse (Noblesse Oblige)
Bonjour aux jaloux/ses
Bonjour aux confiant(e)s
Bonjour aux zotres
Je ne suis pas jalouse car ça ne sert à rien. Paradoxalement, j'adore cette chanson qui a longtemps servi d'illustration sonore à ma page myspace. J'aime les paroles et la nonchalance très sexuelle avec laquelle elles sont chantées. Et s'il fallait les résumer d'un geste, ce serait un déhanchement et je ne peux m'empêcher d'y associer le poème ci-dessous écrit il y a bien longtemps.
Pour les puristes, le son est meilleur sur le myspace du groupe où vous pourrez en outre découvrir de nombreux zotres titres.
Fashion lassitude
Je traîne ma fashion lassitude au bord de ton désir
Déhanchée sous le poids de mes pensées impures
Lassive contre ton corps
Sensuelle dans mes silences
Dans nos soupirs
Les membres déployés pour guider tes caresses
A creux de peau
Au bord de l'oubli de moi-même
Bonjour aux confiant(e)s
Bonjour aux zotres
Je ne suis pas jalouse car ça ne sert à rien. Paradoxalement, j'adore cette chanson qui a longtemps servi d'illustration sonore à ma page myspace. J'aime les paroles et la nonchalance très sexuelle avec laquelle elles sont chantées. Et s'il fallait les résumer d'un geste, ce serait un déhanchement et je ne peux m'empêcher d'y associer le poème ci-dessous écrit il y a bien longtemps.
Pour les puristes, le son est meilleur sur le myspace du groupe où vous pourrez en outre découvrir de nombreux zotres titres.
Fashion lassitude
Je traîne ma fashion lassitude au bord de ton désir
Déhanchée sous le poids de mes pensées impures
Lassive contre ton corps
Sensuelle dans mes silences
Dans nos soupirs
Les membres déployés pour guider tes caresses
A creux de peau
Au bord de l'oubli de moi-même
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Autour de la poésie,
Video
lundi 18 janvier 2010
Bloguer (et acrosticher)
Bonjour aux zacrosti-joueurs
et joueuses
Bonjour aux
irrespectueux/ses
de la métrique
Bonjour à Chris
Acrostiche sur une idée du Journal de Chrys
Boire jusqu’à plus soif à la source virtuelle
Les mots et goûts des zotres leurs avis avisés
Ouvrir une fenêtre à leurs mots essentiels
Gourmande de leurs proses lectrice électrisée
User mes yeux mon temps sur l’écran de mes nuits
Et partager mes vues les offrir en retour
Rongée par le plaisir de bloguer et l’ennui
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Autour de la langue,
Autour de la poésie,
Autour du jeu
dimanche 22 novembre 2009
Sainte Cécile (ou presque)
Bonjour aux zotres
Aujourd'hui c'est la Sainte Cécile et voici un poème de circonstance à plus d'un titre.
L'Evangile
La pluie levait mes doutes lavait l'eau de mes pleurs
Et je me sentais seule en un paradis vide
Où quelques anges enfuis avaient laissé livides
Des souvenirs déçus de lambeaux de bonheur
Lors je me suis lancée à corps perdu à fond de cœur
Dans une course éperdue une requête avide
De bribes de soleils de chaleurs intrépides
Pour tresser à mon âme quelques colliers de fleurs
Je tombais sur des rocs me blessais sur des pierres
Dangereuses comme des peurs noires et assassines
Qui entaillaient ma peau de blessures sanguines
Mais je ne doutais pas et me relevais fière
Païenne je priais en douceur Sainte Cécile
De me garder la foi en mon propre Evangile
mardi 15 septembre 2009
René Char (nom de guerre Alexandre)
Bonjour aux documentovoresBonjour aux poétophiles
Bonjour aux
WW2-addicted
J'aime beaucoup René Char (le poète, l'homme, le résistant) et la seconde mondiale me passionne. Le portrait de 60 minutes signé Jérôme Prieur et intitulé "René Char, nom de guerre Alexandre" avait donc tout pour me séduire.
Les longs plans fixes un brin tremblotants sont ennuyeux, la musique est glauque, le commentaire dit par Nathalie Richard est pompeux et monocorde. Le tout est prétentieux et soporifique. J'ai hélas décroché au bout de quelques minutes.
Quelques liens
Javais déjà évoqué René Char ici.
La présentation faite de ce documentaire sur Africulture et sur L'internaute est très alléchante.
On peut l'acheter en VOD ici et en video ou en voir un extrait ici.
Libellés :
autour de l'histoire,
Autour de la poésie,
Autour de la télé
mercredi 19 août 2009
Le venin (poème morsure)
Bonjour aux lâché(e)s, quitté(e)s, largué(e)s, baffoué(e)s, abandonné(e)s, trahi(e)s, blessé(e)s, trompé(e)s...Bonjour aux éploré(e)s
Bonjour aux zotres
Semaine méchante
Jour 3/7 - Parssskeuhhh
J'ai toujours été convaincue que la rancoeur et la vengeance étaient des signes de bassesse et je me demande comment on peut se regarder dans une glace après avoir succombé à ces nauséabondes sirènes. Certain(e)s tapent dans des sacs pour se défouler mais je n'ai pas l'âme (ni le physique !) d'une boxeuse !
Un poème bien acide pour déverser sa bile, ça me semble plus sain. Ca défoule tout autant sinon plus (les mots pour soigner les maux) et après on passe à autre chose. La vie est trop courte et les hommes/femmes trop nombreux/ses pour remâcher indéfiniment regrets, reproches et autres lamentations qui, au final nous déséquilibrent et nous blessent plus qu'elles n'atteignent la personne visée qui, elle, continue à avancer dans sa vie. Autant faire de même de son côté. Depuis une certaine chanson des Rita Mitsouko, tout le monde connait la règle du jeu et les risques du métier : les zhistoires d'amour finissent mal en général...
Le venin (écrit au printemps 2001)
De coups d’éclats grandioses en vengeances mesquines
Amère exaspérée sans faillir j'énumère
En pensée tout le mal que je pourrais te faire
La longue litanie s'étire et me fascine
Pour apaiser ma haine mes envies assassines
Il me serait facile de t'offrir un enfer
Tu as tort de me croire douce velléitaire
Je peux être cruelle volontaire Agrippine
Où tu me caressais mon corps encore se cabre
Tremble rongé de colère et en mon coeur de marbre
S'ourdissent en silence des envies de vengeance
Agressive je crache des baisers de venin
La mâchoire serrée sur des cris de violence
Je crève bien trop de rage pour mourir de chagrin
mardi 18 août 2009
Gabriel (poème épidermique)
Bonjour aux victimesBonjour à celles et ceux qui combattent la perversion et le silence complice qui l'entoure parfois
Bonjour aux zotres (mais pas à tou(te)s les zotres)
Gabriel
Il est des semblants d'hommes
Qu'on aime mépriser
Il est des semblants d'hommes
Qui n'en seront jamais
Qui disent aimer des hommes
Qui n'en sont pas encore
Qui disent aimer des femmes
Petites filles encore
Il est des hommes vils
Qu'on nomme pédophiles
Qui profitent et salissent
Des corps à peine nubiles
Il est des êtres abjects
Qui ici ou ailleurs
Prostituent ou achètent
L'enfance et le malheur
Il est une sale engeance
Basse manipulatrice
Qui souille des enfants
Pour assouvir ses vices
Il est de vieux barbons
Qui violent des Agnès
Ou de jeunes garçons
En guise de caresses
Il est des tas d'orduresA rien d'autre pareil
Pas même la pourriture
Qui elle est naturelle
vendredi 7 août 2009
Allégeance (de rené Char - 1907-1988)
Bonjour aux poètesBonjour aux zotres
J'aime beaucoup René Char. L'homme, le résistant, le poète. Il a dit :
"Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver".
Ses mots parfois obscurs me font effectivement rêver. J'ai récemment acheté le très joli recueil Lettera Amorosa (dont la première édition date de 1963) illustré par Georges Braque et Jean Arp ainsi préfacé par l'auteur lui-même :
Amants qui n'êtes qu'à vous-même, aux rues, aux bois et à la poésie ; couple aux prises avec tout le risque, dans l'absence, dans le retour, mais aussi dans le temps brutal ; dans ce poème il n'est question que de vous.
Le poème le plus célèbre de Char est sans doute Allégeance qui constitue une véritable déclaration amoureuse adressée à... la poésie.
Allégeance
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?
René Char (Fureur et mystère - 1947)
La biographie de Char sur WikipediaUne analyse du poème ici
Quelques citations glanées sur Evene
Il faut trembler pour grandir.
L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.
Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'intéresse pas.
Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir.
Les mots savent ce que nous ignorons d'eux.
La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.
Annonce momentannée : un nouveau détournement artistique (d'un portrait de Napoléon par David) publié à la date du mercredi 05/08.
samedi 14 février 2009
Poème de Verlaine (et de Saint Valentin)

Bonjour aux
amoureuses
et aux amoureux
Bonjour
aux zotres
Danaé (1907)
Gustav Klimt
Ce n'est pas mon poème préféré, sans doute pas le meilleur de Verlaine non plus, mais, pour une raison qui m'échappe, c'est le seul que je connais par coeur depuis plus de 25 ans. Je sais aussi l'incontournable et brève "Sonate d'automne" liée au débarquement et, en me forçant un peu je dois être également capable (mais avec difficulté) de réciter "L'invitation au voyage" de Baudelaire mais c'est tout. J'ai toujours été incapable de retenir mes propres poèmes ou des textes aussi courts que Les roses de Saadi de Marceline Desbordes-Valmore. Hélas (mais la chair est gaie et je n'ai pas lu tous les livres).
J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée,
A la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,
Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce coeur tout à vous,
Mon coeur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;
Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
A penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,
Et qu'il vous suffirait d'un geste,
D'une parole ou d'un clin d'oeil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.
Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !
Paul Verlaine
Poème X issu du recueil "La bonne chanson"
Comment faut-il (que je l'appelle ?)
Nu dormant de Zinaida Serebryakova (1931)

L'âpre fureur de mon mal véhément
Si hors de moi m'étrange et me retire
Que je ne sais si c'est moi qui soupire,
Ni sous quel ciel m'a jeté mon tourment.
Suis-je mort ? Non, j'ai trop de sentiment,
Je suis trop vif et passible au martyre. Suis-je vivant ?
Las ! je ne le puis dire,
Loin de vos yeux par qui j'ai mouvement !
Serait-ce un feu qui me brûle ainsi l'âme ?
Ce n'est point feu : j'eusse éteint toute flamme
Par le torrent que mon deuil rend si fort.
Comment, Belleau, faut-il que je l'appelle ?
Ce n'est point feu que ma peine cruelle,
Ce n'est point vie, et si ce n'est point mort.
Philippe Desportes
Issu du recueil
"Les amours de Diane"
Alive but dead
Peter Callesen

L'âpre fureur de mon mal véhément
Si hors de moi m'étrange et me retire
Que je ne sais si c'est moi qui soupire,
Ni sous quel ciel m'a jeté mon tourment.
Suis-je mort ? Non, j'ai trop de sentiment,
Je suis trop vif et passible au martyre. Suis-je vivant ?
Las ! je ne le puis dire,
Loin de vos yeux par qui j'ai mouvement !
Serait-ce un feu qui me brûle ainsi l'âme ?
Ce n'est point feu : j'eusse éteint toute flamme
Par le torrent que mon deuil rend si fort.
Comment, Belleau, faut-il que je l'appelle ?
Ce n'est point feu que ma peine cruelle,
Ce n'est point vie, et si ce n'est point mort.
Philippe DesportesIssu du recueil
"Les amours de Diane"
Alive but dead
Peter Callesen
mercredi 14 janvier 2009
Recueillement (Charles Baudelaire)

Portrait de
Charles Baudelaire
par Gustave Courbet
Recueillement
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
mardi 14 octobre 2008
L'automne (à Vittel et ailleurs)

A Vittel, les arbres ne sont pas plus beaux qu'ailleurs, juste plus nombreux et ça fait toute la différence.
L'automne
Les arbres se colorent
Se parent d'ors et de roux
Comme pour séduire l'automne
Amoureuse elle dénude
Et de ses larmes inonde
Leurs membres allusifs
Chairs brunes écartelées
Offertes à tous les vents
Ces caresses et ces souffles
Font un très long murmure
Une plainte avant l'hiver
Une promesse de printemps



Matin d'octobre (de François Coppée)
Je trouve le poème qui suit idéal pour accompagner ces photos prises la semaine dernière dans le superbe jardin et le magnifique parc du Grand Hôtel de Vittel. Décidément, j'adore cette saison.


Matin d’octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
François COPPÉE 1842-1908
La photo ci-dessus représente des toilettes... Mignon, non ?


Matin d’octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
François COPPÉE 1842-1908
La photo ci-dessus représente des toilettes... Mignon, non ?jeudi 9 octobre 2008
Angoisse de Stéphane Mallarmé (1842-1898)

Portrait de Stéphane Mallarmé par Manet.
Parce que j'aime la beauté sombre de ce sonnet et plus encore celui qui me l'a si bien récité (même s'il gagnerait à mettre plus d'émotion et moins de force quand il déclame).
Parce que fais ce que je veux. D'abord c'est mon blog et mon anniversaire ! Na !
Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :
Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.
Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité
Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.
jeudi 25 septembre 2008
Mes lettres (sont des gestes bavards)
Bonjour à celles et ceux qui écrivent des poèmesBonjour à celles et ceux qui écrivent des lettres d'amour
Bonjour à celles et ceux qui les lisent
Bonjour aux zotres
L'hêtre d'amour est ici.
Le poème qui suit date de 1998 je crois.
Mes lettres
Mes lettres sont des gestes bavards
Comme de muettes caresses de papier
Et j'aimerais lire dans ton regard
Que tu entends mes silences copiés
Je calligraphie lasse esseulée
Par lentes bribes savamment choisies
Les aveux de mes lèvres scellées
Paroles tendres et évanouies
En alternance je les imagine
Lointaine amante méticuleuse
Tantôt profondes et tantôt badines
Comme autant d'attitudes amoureuses
Et je m'ingénie ingénument
A me croire littéraire sensuelle
A te retenir mon bel amant
Dans mes invocations personnelles
mardi 3 juin 2008
Insecticide (poème ascendant Capricorne)
Bonjour aux insectesBonjour aux possesseurs de flacons de Baygon (jaune ou vert)
Bonjour aux zotres
Ce message est une spéciale dédicace "peau et tiques".
Insecticide
Poème ascendant Capricorne
Je suis une demoiselle
Qui ne l'est plus vraiment
Sous vos baisers sans zèle
Jeune et cruel amant
Je suis une libellule
Qui se veut chatoyante
Mais use ses cellules
A vous être attachante
Je suis une frêle guêpe
Qui ne sait s'il faut croire
Une carnassière nèpe
La piquant de son dard
Je suis une fine mouche
Qui s'écrie de jouissance
Dès l'instant qu'on la touche
Dominée par ses sens
Je suis un pauvre phasme
Au corps maigre allongé
Rien d'autre qu'un fantasme
Pour vos nuits de congé
Je suis une cigale
Qui chante dans le vent
Mais ça vous est égal
Joueur indifférent
Qui chante dans le vent
Mais ça vous est égal
Joueur indifférent
Je suis une fourmi
Travaillant à vous plaire
Epuisée à demi
Sous vos mots peu sincères
Et meurs quand nos plaisirs
Nés d'ébats trop lunaires
Vous font me dessaisir
Je suis un drôle d'insecte
Dont l'instinct de survie
Distinctement détecte
Qu'il est temps que je fuis
Triste j'ai le cafard
Quand mes pensées dévient
Je balance mes espoirs
Par vos absences d'envies
Je lécherai mes plaies
Mais pas sensuel despote
Ecrasée de regrets
La semelle de vos bottes
mardi 25 mars 2008
Quelques grammes de poésie (dans un monde qui n'en est peut-être pas tant dépourvu finalement)
Cultures
Nous sommes deux champs
Irrigués de la même eau
Etanchant nos soifs à la même source
Et nos faims des mêmes envies
Nous sommes deux terres
Blessées de noires racines
Fouettées de trop de vents
Lavées de maintes pluies
Nous sommes deux cultures
Avides et exigeantes
Isolées et fragiles
Séparées à jamais par notre dérayure
C.L.
Poème extrait du recueil "Délétères" que je finirai bien par publier vraiment un jour ou l'autre... Le poème qui donne son nom au recueil se trouve dans la section "autour de la poésie" de ce blog (archives de septembre 2007).
Nous sommes deux champs
Irrigués de la même eau
Etanchant nos soifs à la même source
Et nos faims des mêmes envies
Nous sommes deux terres
Blessées de noires racines
Fouettées de trop de vents
Lavées de maintes pluies
Nous sommes deux cultures
Avides et exigeantes
Isolées et fragiles
Séparées à jamais par notre dérayure
C.L.
Poème extrait du recueil "Délétères" que je finirai bien par publier vraiment un jour ou l'autre... Le poème qui donne son nom au recueil se trouve dans la section "autour de la poésie" de ce blog (archives de septembre 2007).
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