vendredi 18 avril 2008

ils n'ont pas de pain ? (qu'ils mangent de la brioche)






Bonjour aux affamé(e)s
Bonjour aux rassasié(e)s
Bonjour aux zotres




Il y a des timings un brin malheureux.

Au moment où je terminais mon bla-bla sur mes expériences carambaresques démarrait "Ce soir ou jamais" l'excellente émission de Frédéric Taddeï qui, je le jure, aussi vrai que je m'appelle Cécile vient de citer la phrase du titre de ce message alors que j'écrivais son nom ici même.

Elle est attribuée à Marie-Antoinette mais serait en fait de Rousseau. Peu importe de qui elle est en fait. Hors contexte, il s'agit, je trouve, d'un assez joli mot d'esprit mais son auteur(e) ne connaissait pas Desproges et ne savait pas (encore) qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui.

Je ne sais pas si mes futiles histoires de carambar vous ont fait (un peu) sourire mais il est clair qu'ailleurs elles feraient sûrement pleurer. Ah oui, au fait, j'ai oublié de vous préciser le thème de l'émission de ce soir :
"Le prix du pain va-t-il déstabiliser le monde ?".

Tout en mangeant mon assortiment "maison" de corn flakes noyés dans un déluge de lait entier frais, j'ai vu des images des "émeutes de la faim" et appris notamment qu'avec les céréales nécessaires pour un seul plein au "bio carburant" d'un 4x4 aux USA, on pourrait fournir de la farine à une famille mexicaine pendant un an (dixit Jacques Attali).

Pourvu que tout cela ne perturbe pas ma digestion...

jeudi 17 avril 2008

Carambar (Barbapapa)


Bonjour à celles et ceux qui ont vécu la naissance des Carambar (tout durs) à 5 centimes (de franc)
Bonjour aux zotres

Parmi mes 1001 qualités, il en est une qui me conduira tout droit en enfer. Je suis gourmande, je l'avoue et je pense qu'il n'est pas nécessaire de me connaître depuis des lustres pour s'en apercevoir. Les devantures des pâtisseries ont pour moi plus d'attrait que celles des magasins de fringues et voir "nouveau" sur un emballage au rayon gâteaux ou charcuterie de mon Monoprix préféré, me fait à peu près autant d'effet qu'une photo des tablettes de chocolat (miam miam) de Brad Pitt.

"Nouveau !!!!!" Je ne résiste quasiment jamais à l'attraction alimentaire que suscite ce simple mot de 7 lettres qu'il soit ou non suivi d'une kyrielle de points d'exclamations enjoleurs. Dans le même ordre d'idée, le mot "Promotion" produit à peu de chose près le même effet et, si l'adjectif et le nom commun sont associés, je frôle limite l'orgasme salivaire.

Il m'est donc arrivée de me retrouver à la tête d'une quantité industrielle de trucs parfaitement immangeables achetées de façon totalement impulsive sous la double pression de la nouveauté et de l'économie supposée... Je pense par exemple à ces yaourts aromatisés à la fleur (Yoplait je crois) qui ont fait un flop aussi retentissant que mérité. Pour un(e) humain(e) de base, c'était juste immonde. Ils avaient fait des tests gustatifs sur des abeilles ou quoi ? Certaines eaux aromatisées ont finalement servi à aroser mes plantes (ananas, fruits rouges...). C'était juste avant qu'elles ne commencent à perdre vachement de feuilles... (nan, ça c'est pour rire).

Eh oui, j'ai appris à mes dépends que "nouveau" n'est pas nécessairement synonyme de "bon" (fuyez le saucisson au roquefort !!!) et certains paquets de gâteaux ou sachets de thé au goût improbable ont fait des carrières plus longues au fond de mon placard que dans les rayonnages de chez Shopi. Je pense que c'est ce qui pend au nez du repoussant et amertissime thé vert (très tendance ça) "Linéa" parfumé à l'ananas et à l'hibiscus. Ce truc a été élu "produit de l'année" parait-il. Pourquoi, comment et par qui ? Un panel atteint de dysgueusie sévère et d'anosmie totale sans doute.

Mais ne généralisons pas. On tombe parfois sur de petits miracles gustatifs, des merveilles de gourmandises salées ou sucrées qui font croire que l'humain est fondamentalement bon. Je pense aux yaourts façon dessert (aromes crumble, tartes et autres fraisiers), aux Tuc aux olives, aux Mamie Nova gourmand aux amandes, aux gnocchis à poeller, aux gâteaux feuilletés Monoprix à la gelée de groseille, aux BN biscuits chocolat fourrés à la mousse de lait (qui se désagrègent dégueulassement dès qu'on les trempe dans la moindre goutte de thé : est-ce que ça existe encore ? Je crainds que non), etc. Rien qu'à l'évocation de ces quelques souvenirs, mon ventre frétille de reconnaissance.

Parfois c'est un peu plus compliqués et certains aliments ou boissons possèdent l'incroyable caractéristiques d'être succulamment dégueulasses ou cochonnement bons et la frontière peut être tenue entre l'extase et le dégoût, l'écoeurement et l'addiction. Je pense notamment à tous les bonbecs gélifiés du monde (et au boursin cranberries).

Dans le même ordre d'idée, j'ai mis quelques heures avant de décider que je n'aimais pas les Danette saveur biscuit (vous vous souvenez des vieeeeeux Danette fruits rouges assez incroyables aussi ???) mais qu'en revanche ça collait avec mes yaourts allégés au pamplemousse rose. Quant à mon thé vert Tchaé saveur d'Orient, il m'a fallu plusieurs sachets pour me décider... Finalement, c'est bon. Même tiède. Même froid. Même chaud. Ouf !!!

Pas plus tard que ce soir, alors que j'arpentais les rayons de mon Franprix chéri à la recherche de P.Q. et d'escalopes de dinde, je suis tombée nez à nez d'abord, en extase ensuite, devant un objet aussi improbable qu'alléchant : un sachet de Carambar goût Barbe à Papa ! Un quart de demie seconde plus tard il aterrissait dans mon panier et je fonçais illico vers les caisses à peu près dans l'état d'une héroïnomane en début de manque soulagée d'avoir trouvé sa dose et pressée de se faire son shoot.

Eh bien figurez-vous que c'est à la fois répugnant et extraordinaire. Je nage en plein bonheur régressif, dans une félicité molle, odorante et sucrée, chimique à souhait. De quoi provoquer des crises cardiaques chez les nutritionnistes et des éruptions cutanées à des régiments de mamies à l'ancienne (sans compter que ça colle aux dentiers). Je ne dis pas que j'en rachèterai mais ces cochonneries risquent de ne pas faire long feu dans leur paquet (mes pantalons vont encore retressir, je le sens), sans compte que les blagues Carambar sont toujours aussi cultissiment tartes !

A ce propos, savez-vous comment on appelle un rat qui on a coupé la queue et quels fruits on trouve dans une maison ? Non ? Ben moi si... Nananèreuhhh !

mardi 15 avril 2008

l'air (de rien)





Bonjour aux cervelles de moineau

Bonjour aux têtes de linotte
Bonjour aux étourneaux
Bonjour aux vraies bécasses, Bonjour aux faux cons, Bonjour aux zotres

Cela ne m'a jamais dérangée le moins du monde d'avoir l'air débile et de passer pour une idiote. Je dirais même qu'à certains égards, je cultive ma "stupid attitude" avec application et je n'hésite pas à vous faire part ici même de ses manifestations les plus caractéristiques et bloggogéniques (perte de clefs, épopée vélibesque, soirée avec un ex, etc.). Je ne vous ai pas encore parlé vestes ? Question de timing... Je ne vous ai pas encore raconté ma varicelle ? Ca va venir un jour...

Ne voyez aucune marque de modestie dans ma propension à étaler mes penchants ânesques et mes ratages... Au contraire !!! Je suis tellement convaincue du bon fonctionnement de ma cervelle que je me fous comme ma première chemise d'être prise pour une demeurée. Je n'ai rien à prouver et si l'insondable profondeur de mon esprit échappe aux zotres, ce n'est mon problème. Voila, voila, voila.

La dernière fois que je suis passée pour la dinde de service, c'était ce soir, dans le métro. J'ai provoqué quelques regards obliques un brin condescendants à cause du roman de Bill Bryson que je lisais avec délectation, un sourire béat aux lèvres ponctué de gloussements caractéristiques d'une hilarité (mal) contenue. Le livre, MOTEL BLUES, est le 3e que je lis de cet auteur et le 3e qui provoque chez moi des effets euphoriques et des manifestations de contentement peu compatibles avec la contenance impassible et la froideur distante requises lorsqu'on emprunte le reseau de la RATP.

Moi je rigolais toute seule avec mon bouquin dans une main et mes chemisiers de soie sortis du pressing dans l'autre (le fait que j'étais chargée comme une mûle a certainement contribué à mon air cloche). Sans susciter la réprobation, le rire est suffisamment rare dans le métro pour déclancher quelques froncement de sourcil et plissements d'yeux surpris voire consternés. Chacun sa façon d'entretenir ses pattes d'oie...

Bill Bryson a une manière d'écrire qui me met en joie d'une part et me correspond assez d'autre part : il possède un incroyable sens de l'observation et une bonne dose d'autodérision qui pimentent le moindre récit du quotidien de détails croustillants, d'images frappantes, de souvenirs décalés, de digressions calamiteuses qui feraient passer Pierre Richard pour votre inspecteur du fisc. Je ne peux lire un livre de Bill Bryson sans me marrer d'une part (ça vous l'aviez compris) et sans penser aux personnages de Gary Larson d'autre part. Ceux de Bryson ressemblent aux dames à lunettes et à la galerie de "nerds" dessinés par l'auteur de "The far Side", cette incomparable série de dessins (parfois au 28e degré) qui égratignent les américains et croquent des tranches de vie souvent surréalistes.

Outre leur nationalité et leur talent dans leurs domaines respectifs, les deux hommes partagent un humour qui me parle : celui de l'observation un brin décalée mâtinée d'un zeste de mauvaise foi et d'un soupçon de fatalisme (Murphy n'est jamais loin).

Je partage cet état d'esprit et je m'efforce de le cultiver au quotidien car la vie est une grande aventure dont les menues péripéties sont autant de prétextes à cultiver son sens de l'humour et de la dérision. Rien n'est vraiment grave (enfin si mais bon... ) et tout peut être matière à rire y compris (ou surtout) soi-même que ce soit face à un Tupperware impossible à fermer dont le contenu finit immaquablement par terre (de préférence sur un tapis ou une moquette) ou devant un bocal de pâté impossible à ouvrir : un jour, en désespoir de cause après avoir tenté plus de méthodes qu'il n'y a de positions dans le Kamasutra, j'ai testé la technique du marteau : très efficace mais déconseillée tout de même en raison des éclats de verre qui finissent dans votre assiette et font font une concurrence déloyale au croquant des cornichons.

Les auteurs français qui partagent ce talent sont rares ; Beigbeder dans une certaine mesure même si ses penchants naturellement "content de soi" font qu'il renoncera toujours à pousser le grotesque d'une situation pour le plaisir narcissique d'un bon mot ou d'une belle affiche de pub (ventre parfaitement plat) pour les Galeries Lafayette. Le seul exemple hexagonal qui m'apparaît comme une évidence est Philippe Jaenada. Son premier roman Le chameau Sauvage (prix de Flore 96 ou 97, j'ai la flemme de vérifier... l'année et Laure Tograff du poil que j'ai dans la main) est un modèle du genre, que dis-je un étalon à bosses... L'explication même du titre est la parfaite illustration de cette tendance. Pas étonnant que ce soit un de mes livres culte.

lundi 14 avril 2008

Vrai ou faux (miaou...)




Bonjour aux félinophiles
Bonjour aux zotres



La 13e affirmation du test "vrai ou faux" était : "J'étais experte pour reconnaître le sexe d'un chaton naissant dès l'âge de 8 ans".

Dans l'absolu, je ne sais pas si je préfère les chats ou les macarons. Heuseusement que la question du choix ne se pose pas tant l'usage interne et gourmant des uns est différent de l'usage externe et caressant des autres. Disons tout de même que sur une île déserte, j'emporterai plutôt un matou qu'un assortiment Ladurée.

Mais bon, je ne suis pas perdue au milieu de l'océan, je vis en plein Paris et je ne possède (hélas) pas de chats (mais il y a des macarons dans mon congelo et un sachet tout droit sorti du Daily Monop sur ma table de salle à manger). Le 7 décembre, je vous ai donné un tas de (bonnes ?) raisons pour expliquer cela mais les ronronnements me manquent et c'est peut-être pour me consoler de cette absence que je boulotte autant de macarons... Allez savoir.

En revanche, quand j'étais enfant, la maison était une usine à chatons généreusement pondus par nos deux chattes (malgré leur pilule contraceptive hebdomadaire), sans doute aidées par Fripounet, le fils de l'une et le frère de l'autre. Nous nagions vraisemblablement en pleine consanguinité féline mais les bébés étaient toujours parfaits.

Un chaton naissant est une minuscule boule de poils pataude et fort peu mobile ayant à peu près la taille d'une patate. Vous me direz qu'il existe des pommes de terre de toutes tailles. Certes. Alors disons une patate 2 fois plus petite qu'une souris d'ordinateur mais un peu plus grosse qu'une souris de cave. A peu près. Environ. A vue de nez.

Vous l'aurez certainement remarqué, à l'âge adulte, les attributs virils d'un chat mâle ne sont pas aussi apparents que ceux d'un chien par exemple ou d'un taureau, leur présence est même fort discrète. Alors comprenez qu'à la naissance, distinguer un mâle d'une femelle soit un casse-tête.

Si vous voulez avoir une illustration du problème, je vous suggère de cliquer ici. Vous tomberez alors nez à nez avec deux gros plans de petits postérieurs de chatons queues relevées. Croyez-moi, en vrai, la différence est souvent nettement moins flagrante que sur ces photos où la boursoufflure de l'entre jambe du mâle est bien visible. La plupart du temps, sur des bestioles âgées de quelques heures, il n'en est rien. C'est donc très facile de se tromper et il faut parfois attendre 1 ou 2 semaines pour être plus sûr(e).

Pourtant, je n'ai jamais fait d'erreur sur mes diagnostics. C'est VRAI : je savais à coup sûr identifier le sexe d'un chaton dès sa naissance et j'avais même acquis une certaine réputation voire une réputation certaine sur ce sujet dans le quartier (on a les talents qu'on peut). Il est arrivé plusieurs fois que des voisin(e)s me consultent quand leurs chattes avaient des petits. Je prenais mon rôle d'experte très au sérieux : j'attrapais la bestiole, je la tenais à l'envers dans ma paume gauche, de la main droite je lui écartais la queue et, faisant fi des miaulements de protestation de leur mère, je posais mon diagnostic.
- ça c'est une femelle. Ca aussi. Ca c'est un mâle.
- tu es sûre ?
- oui.
J'étais sûre. Ca ne souffrait aucun commentaire superflu.

A la naissance, un chaton est aveugle et ses paupières ne commencent à se desceller qu'au bout d'une semaine environ et ils mettent 2 à 3 jours à s'ouvrir complètement. A part moi sur un vélib, on peut difficilement imaginer spectacle plus ridicule qu'un chaton commençant à ouvrir les yeux (ah si, un chaton commençant à diversifier son alimentation car sa mère ne le lèche plus : ils ne comprennent pas ce soudain changement de traîtement et miaulent comme des damnés à la moindre envie de pisser). En fait, c'est très moche un chaton qui commence à ouvrir les yeux. Mais bon, ce n'est pas gentil de se moquer surtout que ce n'est pas sa faute (tandis que moi sur un vélib, si, c'est ma faute).

Les portées peuvent compter jusqu'à 5 parfois 6 petits et ce n'est pas raisonnable du tout d'en garder autant et ce pour au moins deux raisons :
- une fois les bestioles sevrées, il est plus facile de trouver 2 ou 3 familles d'accueil que 5 ou 6,
- ce n'est pas bon pour la mère d'élever autant de petits et les portées nombreuses les affaiblissent surtout si elles sont jeunes (ou vieilles au contraire) et si leurs portées sont rapprochées (comptez sur une chatte pour tout faire pour chat !).

Même si cela peut paraître cruel il est donc parfois nécessaire de ne pas conserver tous les petits d'une même portée. La mère et les chatons restants ne s'en porteront que mieux. On sélectionne bien sûr les chatons les plus costauds à la naissance, les plus mobiles, les plus beaux aussi mais pas seulement. Même si cela me répugne de l'admettre, les petits mâles ont beaucoup plus de chance d'adoption que les petites femelles et c'est une des raisons pour lesquelles on effectue un diagnotic sexuel immédiat.

dimanche 13 avril 2008

Toute première fois, tou-toute première fois (en vélib - Episode 3)


Bonjour à celles et ceux qui ont aimé les épisodes 1 et 2
Bonjour à celles et ceux qui m'ont réclamé l'épisode 3

Bonjour aux zotres

L'épisode 1 (avant) est ici
L'épisode 2 (pendant) est ici
L'épisode 4 (la chute) est ici
Je dédie ce 3e opus à Olivier dont c'était l'anniversaire hier (bises multiples).

Nous nous sommes quittés à la fin de l'épisode précédent alors que je pédalais péniblement en direction de Convention sous une pluie fine et nocturne. Arrivée à destination (angle de Convention et Vaugirard), je n'ai pu que constater qu'il n'y avait aucune place libre à la borne Vélib pour me débarrasser de ma monture. Et meeeeerde.

J'aurais dû m'en douter ! Convention est un quartier plus que peuplé. Il n'y a qu'à voir l'état du métro vers 20h : il sort plus de monde à Convention qu'à Concorde malgré sa position centrale, touristique et les correspondances. C'est impressionnant. Le soir, l'escalator de Convention est un boyau qui dégueule des hordes de jeunes cadres dynamiques et irremplaçables regagnant leurs pénates après une journée pleine de réunions, tableaux Excel, conférences-calls et autres responsabilités stressantes qu'ils/elles assument au mieux (sans quoi leurs boites feraient évidemment n'importe quoi, faillite par exemple).

Cela explique qu'on trouve une bonne dizaine de supermarchés autour de chez moi (fermant tard pour la plupart, l'un d'eux étant ouvert jusqu'à minuit en semaine et 1 heure le week-end) mais aucune place à une simple borne vélib un soir de semaine ! Elles sont plus convoitées que les taxis à Saint Michel à 2 heures du matin.

Qu'à cela ne tienne : il ne me reste plus qu'à faire le tour du quartier en espérant avoir plus de chance aux bornes voisines... Mais un doute soudain m'habite qui se confirme dès que j'arrive la place Charles Valin. Quelle poisse ! Je décide de remonter la rue de Vaugirard jusqu'au métro. C'est là que mon panier décide de se casser la figure et de vomir sur le sol mon sac plein des livres rapportés du dîner livres échanges. Il pendouille lamentablement à droite de ma roue avant, retenu par une sorte de câble et par le tressage métallique qui compose le socle sur lequel il est sensé s'emboîter (on peut rêver).

Je fais montre d'un fatalisme aussi détaché que mon panier que je tente vainement de replacer correctement sur sa base. Celles et ceux qui possèdent un lave-vaisselle me comprendront car le problème est un peu le même... Le bidule A qui doit s'encastrer dans le machin B est toujours de travers, coincé au dernier degré ou au contraire bringuebalant dangereusement pour la santé de votre vaisselle.

Mon panier a opté pour la 2e solution et menace de se barrer à nouveau à chaque coup de pédale. Le corps penché au maximum, je maintiens donc son contenu tant bien que mal de la main droite, cramponnant la gauche au guidon. Ma position pour le moins bancale fait glisser mon sac à main de mon épaule et je n'ai d'autre choix que de le placer lui aussi dans le panier renforçant par la-même l'inconfort de ma posture et l'instabilité de mon équipage.

J'ai dépassé le stade de la fureur ou alors je suis trop fatiguée pour râler. Je crois plutôt que consciente du parfait ridicule de la situation, je pense aux lois de murphy dont je suis présentement l'archétype de la victime parfaite : je suis une tartine beurrée (mais pas ivre) en pleine déconfiture, je nage dans les emmerdements maximum.

Je pense qu'à cet instant précis, Carmen Cru sur sa bécane a plus de classe que moi sur mon satané vélib.





Arrivée à la station Vaugirard, je constate sans surprise qu'il m'est aussi impossible de me débarrasser de mon biclou ici qu'à Convention et Valin. Arghhh ! Je commence à le trouver franchement collant. Il a dû être un rouleau de scotch 3M dans une vie antérieure. Je ne vais tout de même pas l'inviter à prendre un dernier verre et le faire dormir chez moi !

Je repars vers la rue Lecourbe en longeant la mairie du 15e. Je sais qu'il y a une borne pas loin. Et là, miracle, je trouve une place ! Je dis bien "une" place, pas 4, ni 3, ni 2, mais "une" et une seule, une unique place qui me délivre de ce stupide machin gris dont j'ai eu la bêtise de m'encombrer 3/4 d'heure plus tôt... Lorsque j'entends le clic libérateur cela fait en effet plus de 45 minutes que je suis sortie du métro Boucicaut et pendant tout ce temps, ai-je traversé Paris ? Ai-je battu un record ? Pas vraiment sauf peut-être celui de nullité cycliste ! J'ai parcouru la distance d'un arret de bus ! Je suis à mi-chemin entre mon point de départ et mon point d'arrivée... Bel exploit en vérité ! Je n'avais pourtant pas bu ma honte jusqu'à la lie et d'autres embûches m'attendaient...

Dans quelques jours je vous livrerai la conclusion de cette tragique et édifiante tranche de vie.

samedi 12 avril 2008

Mode d'emploi pour les mal-postant(e)s (les handicapé(e)s du clic)



Bonjour Pascale
Bonjour David
Bonjour les zotres

Ces derniers temps, plusieurs personnes m'ont écrit en privé et/ou sur facebook pour me dire qu'elles ne parvenaient pas à laisser de commentaires sur mon blog. J'a donc tenté l'expérience d'en laisser un sans être connectée comme propriétaire du blog et je n'ai eu aucune difficulté.


Voici donc un mode d'emploi du "commentaire" qui, je l'espère, aidera les plus mal-postant(e)s" d'entre vous (enfin, d'entre nous car, dans l'absolu, je ne suis pas une déesse du clic non plus).


1 - vous lisez un message sur mon blog et vous le trouvez irrésistiblement drôle, passionnant, complètement débile ou révoltant (ou autre) et vous avez treize envies de laisser un commentaire sur le sujet.
2 - vous cliquez sur le mot "commentaire" en bas à droite du message et vous arrivez sur une nouvelle page où enregistrer votre commentaire.
3 - vous rédigez votre bla-bla dithyrambique (replacez le h et le y où il convient... nan, je plaisante, j'ai vérifié) ou courroucé
4 - vous choisissez votre signature parmi les 4 propositions :
a - blogger si vous avez un blog sur google
b - open ID pour les bloggers d'ailleurs
c - Nom URL pour les personnes ayant une page myspace ou facebook ou voulant indiquer un lien précis
d - Anonyme pour les internautes n'ayant pas de lien à indiquer. Dans ce dernier cas, n'oubliez pas de signer votre message !!!
5 - vous cliquez pour sur le pavé orange "envoyer un commentaire" pour envoyer votre commentaire (logique).


J'ai choisi l'option c pour les trois premiers commentaires et la d pour le 4e... et c'est tellement fa-Cécile que je me demande pourquoi certain(e)s ont des difficultés. Paramétrage de navigateur ? firewall ? autre ? Ch'sais pas, je n'y connais rien...

N'oubliez pas que si vos commentaires n'apparaissent pas immédiatement une fois que vous les avez envoyés, c'est parce que j'ai choisi de les modérer avant de les publier. Mais ça, vous le savez car un message automatique s'affiche pour vous prévenir.

Mon but n'est pas d'exercer une censure sur ce que vous postez ici mais de filtrer les spams et autres pubs rempantes. Je veux également éviter les messages fondés sur des préjugés, insultants ou diffamants. Cea dit, mon lecorat est bien élevé et parfaitement équilibré : depuis que ce blog existe, je n'ai refusé qu'un seul commentaire.


Sachez enfin que j'adore lire vos commentaires et y répondre. Ils me démontrent que je n'écris pas pour rien. Merci. :o)

Spéciale dédicace (à mon lecteur Slovène)




Bonsoir Méta
Bonsoir les zotres





Peut-être ne suis-je pas encore arrivée aux 17 millions de lecteurs/trices attendu(e)s (voir ici) mais le fait est là, mon lectorat s'internationalise. J'ai reçu hier un message adorable d'un lecteur Slovène. Le genre de message qui out la banane pour la journée. Merci Méta !

Il se trouve que l'évocation de la Slovénie ne me rajeunit pas et que je me souviens des quelques heures que j'y ai passées à la fin d'une vingtaine de jours pendant lesquels j'ai sillonné la froide Autriche (au propre comme au figuré) dans la 504 familiale bleu métalisé prêtée pour l'occasion par mes parents. C'était, je pense en 1993.

Nous étions déjà sur le chemin du retour tôt le matin quand j'ai proposé à Monsieur Cissou de rentrer de nuit et de passer quelques heures en Slovénie dont la frontière était toute proche (si j'avais su à l'époque que nous étions si près de l'Italie, nous serions aussi allés manger des pâtes mais bon...). Monsieur Cissou a trouvé l'idée chouette et nous avons biffurqué vers le sud en direction de Bled.

En cherchant des photos sur le net, j'ai lu ici ou là que le lac de Bled avait été proclamé "lac le plus romantique d'Europe". Je ne sais pas s'il est effectivement "ZE" plus romantique mais c'est vrai qu'il l'est ! Les abords alpins du village sont d'une beauté verticale et sauvage à couper le souffle et la petite chapelle sur cette île minuscule au centre du lac de Bled possède un charme certain. J'ai adoré ce moment et je n'ai eu qu'un regret : que l'absence d'afflux touristique nous prive nous qui en étions pourtant, de souvenirs à rapporter. Rassurez-vous, j'ai tout de même trouvé une mug et deux tee-shirt que je possède encore (d'ailleurs, vrai de vrai, je porte l'un d'eux en ce moment même).

Nous avons ensuite foncé vers la capitale Ljubljana où nous nous sommes baladés avec plaisir avant de visiter le minuscule musée d'art. Cette visite m'a rendue triste, un peu comme cela me rendait triste lorsque j'étais étudiante en stage à Paris et que je partageais une chambre de bonne avenue Marceau avec monsieur Cissou (dans 9 mètres carrés au 6e sans ascenseur, les scènes de ménage sont déconseillées), de voir les habitants d'en face, un couple largement quinquagénaire, sortir de leur minuscule logement sans confort, lui en bleu de travail, elle avec une blouse synthétique sur le dos et un seau remplit de produits ménagers dans chaque matin. Ca me faisait mal de voir leur pauvreté et leurs dos voûtés par des années d'un boulot ingrat et j'avais honte de me sentir privilégiée, sortant au resto tous les soirs, confiante dans un avenir bien différent du leur.
Bref, dans ce petit musée de Ljubjana, je ressentais confusément la même chose. Difficile à expliquer mais je pensais aux sous-sols du Louvre et de toutes les oeuvres non exposées et aux murs dégarnis de cette toute jeune capitale et je trouvais ça profondément injuste. Mais comme disait Ardisson en réponse à la question "mais pourquoi Thierry ?" lors de son famex blind test musical : "la vie est injuste".

Ce que j'ai trouvé injuste aussi, c'est de passer plus de 2 semaines dans un pays que je n'ai pas vraiment aimé et de découvrir à quelques heures de la fin de mes vacances un petit paradis accueillant où je serais volontiers restée plus longtemps.




Entendons-nous bien, l'Autriche est un très joli pays, avec de splendides paysages et de très beaux monuments baroques (encore fait-il aimer le baroque ce qui n'est pas spécialement mon cas). En fait, ce que je n'ai pas aimé en Autriche, ce sont les habitants. L'Autriche est le seul pays étranger que j'ai visité où je ne me suis pas sentie à l'aise... Que ce soit à Vienne ou en province, dans les commerces ou dans la rue, j'ai trouvé les autrichiens froids pour ne pas dire réfrigérants pour ne pas dire hostiles (y compris (surtout ?) le patron d'un certain hôtel viennois référencé par le Routard : si ça le faisait suer d'accueillir des français, il lui suffisait de dire qu'il était complet).
Les parisiens ne sont certes pas réputés pour la qualité de leur accueil mais je pense qu'à côté des autrichiens, les serveurs des bistrots parisiens sont souriants comme des hotesses de l'air thaïlandaises...
Et puis j'avoue que j'ai été glacée par le nationalisme rempant que j'ai ressenti dans ce pays dont la persistance du port du costume traditonnel n'est qu'un signe extérieur parmi d'autres.
Je regrette donc de ne pas avoir pu profiter plus longuement des sourires des Slovènes, de leur gentillesse, de leurs splendides paysages montagneux, de la sérénité des lieux qui me rappelaient le mois fabuleux que j'avais passé en Hongrie et en Tchécoslovaquie en juillet 1992 en Peugeot toujours). Ca me fait penser que ça fait bien longtemps que je n'ai pas bu de Tokaj, moi...

jeudi 10 avril 2008

Le plus heureux des trois (ce jour là, ce n'est pas Martin)



Episode 3
L'amant
Avant hier : Episode 1 le mari
Hier : Episode 2 la femme


Pourquoi n'appelle-t-elle pas ? On avait dit 10h30, après son brieffing avec cette truffe de Jacques. Comment peut-elle bosser avec ce type ? Mystère... enfin... Ils ont peut-être commencé en retard ou elle prend un café ou elle n'a pas aimé mon SMS d'hier ? Pourtant elle raffole de mes SMS d'habitude et elle adore quand je la vouvoie. Je l'aime... mais elle ?

Je vais lui envoyer un texto. "Vous me manquez déjà. Vous me manquez tellement. Je vous verrai dans deux heures mais je souffre déjà en songeant au moment où vous me quitterez." Un peu emphatique mais bon, ça résume bien l'idée. Même quand on est ensemble, elle me manque. Elle me quitte toujours pour retourner au bureau ou chez elle, rejoindre son mari, son bébé, sa vie. Et puis un jour elle me quittera tout à fait. Je ne fais pas partie de son existence. Elle me donne des bulles de temps volées à son quotidien. C'est fragile les bulles, ça éclate. Je sais bien que cela ne va pas durer toujours.

Martin repensa à la façon étrange dont ils s'étaient rencontrés six mois plus tôt à Prague. Il partait le lendemain et elle arrivait pour une semaine. Ses parents gardaient le bébé et c'était ses premiers moments en couple depuis sa naissance. Son mari aurait dû être là aussi mais ce débile avait raté son avion et finalement, il avait négocié un vol le lendemain avec l'agence. Un truc comme ça. Martin ne s'était guère intéressé aux détails et il les avait oubliés. Mais il se souvenait de Séverine en colère contre son imbécile de mari et contre la terre entière dans le hall de l'hôtel, essayant de se faire comprendre d'une réceptionniste réfractaire à l'anglais. Séverine ne parlait pas allemand. Martin si. En fait c'était sa langue paternelle.

Il l'a aidée, à se faire comprendre, à porter son sac, à ouvrir sa porte, à passer une bonne soirée. Au restaurant, ils se sont aperçus qu'ils aimaient les mêmes vins (celui qu'on leur avait servi était infect), qu'ils avaient fait les mêmes études, qu'ils avaient quelques connaissances communes (qu'ils s'étaient bien gardés de recontacter ensuite) et qu'ils fréquentaient les mêmes petits restaurants japonais du côté d'Opéra à l'heure du déjeûner. Ils s'étaient peut-être déjà croisés sans le savoir... Ils se sont promis de se revoir à Paris. Elle a noté son numéro de portable dans le sien et il a remarqué qu'elle le rentrait sous le nom de quelqu'un d'autre. Déjà un aveu de culpabilité. Elle avait de belles mains. Elle était gauchère. Son alliance brillait tandis qu'elle tapotait sur les touches de son clavier.

Plus tard, il a continué à l'aider, à se déshabiller, à passer une nuit inoubliable, à faire de beaux rêves.

Le 2e SMS avait suivi le premier de près. "Je vous veux une nuit entière, comme la première fois." Il était accro, il quémandait. Il savait qu'il ne fallait pas mais c'était plus fort que lui. "Je vous aime" avouait un 3e message. Il l'avait déjà dit et elle n'avait rien répondu. Il s'était promis de ne pas le répéter... D'une certaine façon il avait tenu parole puisque, cette fois, il l'avait écrit.

Séverine ne répondit pas. Son silence était insupportable et contre toute prudence, il se décida à l'appeler. La voix de Benoît le glaça. Ca, ce n'était pas prévu, vraiment pas. Il manqua totalement de sang froid mais d'un autre côté, qu'aurait-il pu dire ? Surtout après les SMS que l'autre avait sûrement trouvés. Il raccrocha. Sans grande surprise, son téléphone sonna aussitôt.

Il comprit que quoiqu'il arrive, rien ne serait plus jamais comme avant.

mercredi 9 avril 2008

Le plus heureux des trois (ce jour là ce n'est pas Séverine)





Episode 2 - La femme
Episode 1 (le mari) publié hier
Episode 3 (l'amant) publié demain

Merde... merde... merde... merde... merde... Il est où ? Il est oùùùùùùùù ? Ah non ! Ah non ! Je sais. Putain, je l'ai laissé dans mon trench. Merde... merde... merde. Pour une fois que Benoît garde Juju. Non. C'est sûr il va tomber dessus. Il ne faut pas qu'il tombe dessus.

"Jacques !"
"Jaaaaaaacques". Pfeuhhh, il n'entend jamais rien celui-la.
"Jacques il faut que je parte. J'ai un truc urgent à faire. Je reviens vers 11h... Heu non, en fait je reviendrai après le déjeûner. Jacques, tu m'entends ?"
Bon, OK, admettons qu'il a entendu et que ce grognement soit un oui.

Séverine fixait son sac mollement avachi à ses pieds et son contenu répandu sur son bureau. Elle l'avait fouillé en vain avant de décider de le vider complètement. Elle avait farfouillé dans ses tiroirs, ses poches, partout mais au fond, elle savait bien que c'était inutile et que son portable se trouvait chez elle, dans la poche de son nouvel imper acheté 15 jours plus tôt chez Comptoir des cotonniers. Elle avait hésité à le prendre car il la serrait un peu à la taille (merci ma jolie Juju pour ces quelques kilos que je ne parviens pas à perdre depuis ta naissance pense-t-elle à chaque fois qu'elle noue la ceinture). Elle aurait mieux fait de le laisser sur son cintre ! Elle n'en serait pas là.

L'affolement était passé mais la boule au ventre grandissait. Elle tentait de rassembler ses esprits et ses affaires, de réfléchir vite à ses options. Rentrer chez elle d'urgence était sans aucun doute la seule chose à faire. Elle était maintenant capable de raisonner. En remballant à la va-vite sa trousse à maquillage, son agenda et le reste, elle analysait même la situation avec un certain détachement, limite avec froideur (je rentre en vitesse, je récupère mon portable, je dis à Benoit que j'avais oublié ma carte bleue et que j'ai un déjeûner pro et je file chez Martin. Finalement ça se goupille plutôt bien sauf si... Ah non, pas ça, surtout pas ça).

Elle s'apprêtait à partir quand le téléphone sonna. C'était Martin. Au son de sa voix, elle sut que quoiqu'il dise, rien ne serait plus jamais comme avant.

mardi 8 avril 2008

Le plus heureux des trois (ce jour la, ce n'est pas Benoît)

Episode 1 - Le mari
Demain : épisode 2 - La femme
Après demain : épisode 3 - L'amant


Quelle salope ! 3 en 10 minutes ! 3 EN 10 MINUTES et moi pauvre cloche qui la plaind. Depuis combien de temps elle me prend pour un con ? Avant ou après la naissance de Juliette ? Après sûrement. Oui, forcément, après. C'est vrai que ça n'allait pas fort à ce moment là. Le bébé, la fatigue, tout ça. Mais tous les deux, à Prague c'était quand même dingue non ? Jamais Séverine n'avait été aussi... autant... Enfin... Je n'y comprends rien. Est-ce que ce cirque était déjà commencé quand nous sommes partis à Prague ? Elle le voit où ? Elle le voit quand ? Quelle salope ! Quelle salope ! Mais quelle salope !

Benoît ne décolère pas depuis ce matin et surtout il souffre. Il se pose 36.000 questions sans réponses, se repasse certains moments du film de ces derniers mois, relève des incohérences qu'il n'avait pas perçues jusqu'ici, des séminaires prolongés, des horaires aléatoires, des dîners professionnels imprévus (parce que le cabinet décolle et que les prospects sont plus détendus le soir qu'entre midi et deux... Tu parles, mon cul oui...), des retours maussades (je suis crevée, je file sous la douche et je vais me coucher... Ben voyons) et puis cet intérêt accru pour ses déplacements à lui, le nombre de nuits d'hôtel, la date exacte de son retour... et dire qu'il prenait ça pour des signes de jalousie, pour de l'organisation à cause de la nounou de Juliette, pour des preuves que son absence pesait à Séverine et qu'elle avait hâte de le retrouver. Quel con non mais quel con...


Il a entendu le premier bip vers 10h30 et n'y a pas prêté attention plus que ça. Le suivant est arrivé 5 minutes plus tard et dans la foulée un 3. Ca venait de l'entrée. De la poche de l'imper que Séverine n'avait finalement pas pris ce matin car il faisait vraiment beau. C'était son portable qui signalait 3 SMS. 3 SMS en moins de 10 minutes.

Séverine aime bien les SMS, elle en envoie pas mal ces temps-ci et en reçoit beaucoup aussi qu'elle efface aussitôt en soupirant "encore une foutue pub". Benoît aussi en reçoit de plus en plus et c'est vrai que c'est agaçant d'être spammé jusque sur son téléphone.

Il était planté là, dans l'entrée, la poche de la gabardine de Séverine dans la main gauche quand le téléphone a vibré puis sonné. C'était Jacques l'associé de Séverine mais son numéro de portable avait changé et pourquoi appelait-il sur celui de sa femme alors qu'elle bossait dans le bureau à côté du sien ? Il était peut-être en rendez-vous à l'extérieur après tout...
Benoît a décroché.
- Allo Séverine ?
Ce n'était pas du tout la voix de Jacques et surtout pas du tout le ton professionnel et amical de Jacques.
- non, c'est son mari.
Silence et puis l'autre a raccroché.
Benoît est resté bouche bée, jambes tremblantes et un affreux malaise s'est emparé de lui. C'est qui ce mec ? C'est qui ? Il a rappelé le numéro affiché dans le journal des appels entrants et personne n'a décroché. Au bout de 5 sonneries il a entendu : "vous êtes bien sur le portable de Martin Moinet, bla bla, bla bla bla". Martin Moinet ? C'est qui ça Martin Moinet ?

Benoît a lu les 3 SMS et avant même de le faire, il savait que, d'une manière ou d'une autre, rien ne serait jamais plus comme avant.