mardi 13 novembre 2007

Il y a des baffes qui se perdent (à la Fnac Montparnasse)




Bonjour Misstrip
Bonjour Wendy Code
Bonjour Philippe

Bonjour Bertrand
Bonjour David
Bonjour les zotres



Pour des raisons historiques, sentimentales, géographiques, pratiques, j'en passe et des plus musicales, ma Fnac préférée a toujours été celle de Montparnasse même si, la suite le prouvera aux plus sceptiques d'entre vous, "c'est plus c'que c'était".

Il se trouve que pour mes 40 ans mes parents m'ont offert un nouvel ordinateur (celui sur lequel je vous écris présentement en écoutant "John I'm only dancing") et, pour que je puisse choisir l'objet moi-même, que je n'ai pas à le transporter depuis ma Sarthe natale jusque vers mon 15e adoptif chéri et parce que c'est comme ça et puis c'est tout, ils m'ont donné des chèques cadeau Fnac. Ainsi, fin octobre 2006, la balance-cheval-de-feu que je suis a longuement hésité entre divers modèles avant de repartir avec un joli HP sous le bras et un reliquat d'une centaine d'euros en chèques cadeau Fnac valables un an.

Dans les mois qui ont suivi, j'ai acheté quelques CD (Johnny Cash, Massive Attack, Iggy Pop, etc.) et un livre de recettes au chocolat pour divers nouveaux postulants au statut de quadra (la quarantaine est un phénomène visiblement contagieux dans mon entourage) et, en bonne procrastinatrice qui se respecte, j'ai évidemment attendu la veille du dead-line pour me soucier de l'emploi des quelques 45 euros restant à ma disposition.

Il ne fut pas difficile d'affecter 30 euros à l'acquisition d'un poste fixe Philips tout ce qu'il y a de plus bas de gamme histoire d'avoir à nouveau un n° de téléphone commençant par 01 après des années et des années de sevrage et, si vous suivez toujours et que vous avez la bosse des maths, vous déduirez aisément de ce qui précède que j'étais encore à la tête de 15 euros aka 100 balles à dépenser fissa. Et c'est là que les choses se compliquent, que j'entre enfin dans le vif de mon sujet et que ma balancitude exacerbée ressurgit au son de "look back in anger". Vous l'aurez compris, la question délicate était "livre" ou "CD" ?

Après une longue visite au rayon littérature française au cours de laquelle j'ai eu le plaisir de constater que "Vie et mort de la Jeune fille Blonde" de Philippe Jaenada faisait partie des coups de coeur Fnac de même que "Hors jeu" de Bertrand Guillot que je n'ai toujours pas lu (mais aucun Foenkinos, Caro[line] tu devrais boycotter la Fnac...), je me suis souvenue que j'avais à peu près 12.356 livres non lus (et des poussières et de la poussière) sur mes étagères, que je lisais à 99,9% des livres de poche (le Guillot ne fait pas encore partie du club), à 88,8% des livres provenant du marché aux livres anciens et d'occasion du parc Georges Brassens, que le prochain dîner livres echanges est prévu le 13 décembre et que, suite à quelques découvertes pépitesques sur myspace, j'avais plus envie de CD (je ne télécharge jamais de musique même si j'en écoute beaucoup).

C'est au son du poignant "DJ" (I am what I play) que je vous annonce que je suis donc descendue au sous-sol du magasin, fermement décidée à faire progresser les ventes du rayon rock indépendant français. Et là je déclare tout de go aux tenants du "quand on veut, on peut !" qu'ils racontent des conneries.

Après un farfouillage infructueux, je me suis dirigée pleine de confiance vers le vendeur le plus proche en me remémorant une série de pubs Fnac diffusées au cinéma il y a quelques années qui insistaient sur le dévouement et la culture pointue du personnel au gilet vert.

Le monsieur était au téléphone, visiblement beaucoup plus motivé par la poursuite de sa conversation avec son pote que par mon sourire attentiste. Je suis têtue et je sais que les meilleurs forfaits ont une fin aussi restai-je stoïquement campée sous son nez et, quand il décida enfin de raccrocher je lui demandai gentiment (tant il est vrai qu'acheter des disques est une occupation plus agréable que, disons, changer une roue à 3h00 du matin sur le bas côté d'une route allemande) de m'indiquer où trouver le premier CD de Misstrip sorti en 2006 .

- le Cd de qui ? (ton ennuyé, sans un regard)
- Misstrip
- ...
- C'est sorti en 2006
- ...
- je ne me souviens plus du titre de l'album mais dedans il y a une chanson intitulée "a ticket to death"
- ...
- C'est un groupe indépendant français
- "a ticket to death" ? (ton goguenard).
- oui, vous l'avez trouvé ?
- non. Connais pas, jamais entendu parler (ton condescendant)
- Misstrip. Ca s'écrit M.I.S.S.T.R.I.P.
- ...
- Vous trouvez ?
- Pourquoi "a ticket to death" ? (ton méprisant, genre c'est débile, faut être complètement con pour appeler une chanson comme ça)
- ça parle de violences conjugales (ton tu commences à m'énerver et attention mon gars, sujet miné, tu as intérêt à changer le tien (de ton) surtout là-dessus)

Et, de fait, je commence à être vraiment énervée. Je sens que les violences, c'est moi qui vais les conjuguer si ça continue. Le monsieur ne daigne toujours pas lever les yeux vers moi et, sans prévenir, quitte son écran pour rejoindre quelques collègues au fond du rayon. Je lui emboite le pas (genre, mon coco, si tu crois que tu vas te débarasser de moi comme ça tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude). Comme à aucun moment il n'a cherché le moins du monde à m'être un minimum agréable, je déduis de cette surprenante initiative qu'il agit plus pour sa propre culture et pour se greffer à la conversation en cours chez ses potes que par conscience professionnelle ou pour mes beaux yeux (qu'il n'a jamais regardés).

Personne ne connaît Misstrip et personne ne décroise les bras pour vérifier une nouvelle fois. Les miens m'en tombent ! Je demande successivement "Wendy Code" (français) et "The Knife" (Suédois) sans plus de succès. Tout le monde s'en fout (sauf moi) et le montre.

Même si je tombe, en cette veille de grève de la SNCF, dans le cliché facile concernant l'accueil dans les administrations, je ne peux résister à l'envie d'affirmer que je n'ai jamais été aussi mal reçue à un guichet de la poste ou du trésor public.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais en ce qui me concerne, au delà d'un certain degré d'exaspération ou de colère (ou les 2), j'hésite à savoir en quoi me transformer (balancitude toujours...) et bien que j'écoute en ce moment même "Scary monsters (and super creeps)" ce n'est pas mon côté Hulkette enragée et encore moins ma tendance glaçon acerbe qui sont ressorties. Je suis restée aussi tétanisée qu'un lapereau devant les phares d'une voiture roulant la nuit sur une route de campagne et je n'ai rien trouvé de plus pertinent à dire que "c'est triste les gars, installez vous myspace" avant de tourner les talons.

Voilà comment je me suis offert, pour la modique somme de 15 euros, "The Platinum Collection", excellentissime triple compil de 57 titres de Bowie qui me permet de conclure ce message courroucé au son de "under pressure".


P.S. : après vérification (certes inutile) sur le site de la Fnac je précise que les CD de Misstrip, de Wendy Code et de The Knife y sont bien évidemment référencés...

4 commentaires:

Unknown a dit…

Une compil de 3 CD de Bowie pour 15 € ? M'en vais rajouter une lacune dans mon ignorance musicale, tiens.

Pour Misstrip, le peu que j'en entends me semble une musique « neurasthénique » plutôt à la mode mais que j'ai l'impression d'avoir déjà pas mal entendu.

Et puis ça passerait mal en voiture, seul endroit où j'arrive à écouter quelque chose... :(

Cécile Qd9 a dit…

La triple compil de Bowie est très exactement à 14,99 euros...
Il est vrai que le son de Misstrip n'est pas forcément ce qu'on peut entendre de plus gai mais moi j'adore ça justement... Quant à dire que c'est "à la mode", je ne suis carrément pas d'accord : on est trèèèèès loin de ce qu'on entend continuellement à la radio ou à TV

Anonyme a dit…

Cécile, est-il utile que j'essaie de m'excuser pour mes collègues parisiens (que je ne connais absolument pas!) et te dire que nous ne sommes pas tous comme ça à la FNAC? D'ailleurs, t'as pas repéré son prénom, à ce merdeux, que je le balance à la direction? ;-)

Cécile Qd9 a dit…

@ Gaël : meuh non, ne t'excuse pas. Je te rassure, je suis aussi tombée sur des vendeurs très sympa à la Fnac et ailleurs et puis dans le cas précis que je décris, il faudrait pratiquement que tu dénonces tout le rayon musique vu que la fin de la confrontation fu collective... ;o) Mais bon, la délation c'est très vilain.